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Transformations rurales sur le Piémont méridional des Aurès

N°22 | 2003  | Pratiques maghrébines de la ville | p. 115-133 | Texte intégral


Rural transformations in the meridional Aures

Abstract: The changes in the saharien piedmont have been plentiful and swift, but somewhat late because individual initiative, the spirit of all peasant dynamics, was for a long time obstructed in Algeria, by collective land appropriation. The breaking up of joint possession from 1970 on, made complete by the 1980 law inciting A.P.F.A installment (Accession à la Proprieties Fonciere Agricole) "Accession to Agricultural Real Estate) helped by a favorable environment (available land, presence of abundant underground water, use of drilling techniques) set the presents initiative free and caused profound changes.
The M’Zirâa municipality above the united Auressia piedmont is a small scale model of these changes, more than a thousand of gardens have superseded the former Saharan circuit, producing a wide range of market-gardening produce, which have attracted hundreds of middle-men coming from all parts of Algeria.
The geographical and socio-economic changes are complete : the removal of habitat from the mountains to the plains, abandon of the former agro-pastoral system for a modern intensive agriculture (green house culture), rapid increase in population within the municipality due to migration rush caused by the number of jobs created by this new production system. The first signs of prosperity a among the M’Zirâa population have been seen already through the increase of houses in concrete or stone in open country ; and an increase of tractors, open trucks, parked near agricultural buildings.
The real success of the M’Zirâa people is seen essentially in their daily dynamism, which lasts from December to July and which draws between 500 to 800 lorries each day coming from every corner of Algeria in search of market gardening produce. However this movement even so intensive, has its drawbacks – the anarchical use of its underground water, which risks jeopardizing all the investments agreed on till this day, the extent of the decrease of the underground water level is alarming, every where we notice a decline of drilled water level from 10 to 20 meters in summer and the winter levels only rise from 2 to five meters : this disequilibrium is getting worse from year to year only a policy based on a rational use of water can save this activity from an almost certain end, if the conditions of exploiting the underground water reserves don't change.

Key words : Aures – Piedmond – Rural change – Dynamism – Green house culture – Drilling – Pole of attractor – Intensive system.


Abdellah KHIARI :  Ecole Normale Supérieure (E.N.S.), Constantine.


Le Piémont sud-aurassien que domine le Djebel Ahmar Khaddou est franchement saharien par son climat aride (moins de 100 mm) et ses chaleurs torrides (40 à 50 ° en été).

Ce Piémont saharien connaît, depuis une décennie des mutations rurales sans précédent ; l’introduction de la technique du forage et l’entrée remarquable de la plasticulture ont bouleversé l’ordre socio-économique et géographique établi depuis des siècles sur ce territoire.

1. L'ampleur des mutations

Pour analyser les bouleversements en cours sur le Piémont saharien des Aurès, nous avons retenu la commune de M’Zirâa, située en amont ; c’est là que se reflète le mieux l’ampleur des changements opérés depuis une vingtaine d’années.

M’Zirâa, commune située au pied des derniers contreforts des Aurès, n’attire guère l’attention du voyageur qui parcourt la route allant de Biskra à Zeribet el-Oued en longeant le Piémont sud-aurassien. Celui-ci ne peut imaginer qu’au delà, à moins de 6 km au nord de la route et au pied même des derniers contreforts des Aurès rougeâtres et dénudés, sont localisés plus d’un millier de jardins irrigués verdoyants, produisant une riche gamme de maraîcher (cf. fig. 1).

1.1. Une organisation classique des unités naturelles

La forme topographique du Piémont des Aurès est composée du nord au sud, d’un massif montagneux (Djebel Ahmar Khaddou, 1900 m), surplombant un glacis fortement disséqué (la Dakhla, 1.000 m) et d’un Piémont uni, (50 m), immense plaine légèrement inclinée vers le Chott Melghir (moins 40 mètres d’altitude).

Ce dispositif de milieux physiques offre quatre terroirs à vocation différente :

- le "Sammer", bande étroite perchée à 1500 m au pied de la longue crête de l’Ahmar Khaddou, est la zone par excellence des cultures céréalières d’été,

- le "Djebel", zone couverte par la forêt de Mezbel, est le lieu de pacage en été,

- la "Dakhla", piémont ondulé, porte une maigre végétation steppique qui sert de pacage en hiver,

- le "Piémont uni" en pente douce et au sol limoneux, est utilisé pour les céréales d’hiver par épandage de crue.

A cette organisation horizontale des milieux physiques, se superpose perpendiculairement l’ancienne organisation sociale formée des 6 fractions qui composent la commune de M’Zirâa. En effet, le territoire de la commune est occupé successivement d’est en ouest par les Beni Melkem, les Ouled Abderrahmane, les Beni Slimane Ben Aïssa, les Ahl Oulach, les Ouled Zrara, et les Achach, fractions issues de l’ancienne tribu de l’Ahmar Khaddou ; chaque fraction occupe un territoire qui s’étale sur les trois milieux physiques, d’où la forme longitudinale des finages de ces fractions (cf. fig. 2).

1.2. Sur le Piémont uni, une mutation radicale

La Plaine de M’Zirâa ne représente qu’un dixième environ du grand Piémont uni des Aurès. Elle n’occupe en fait que sa partie amont, mais elle est la première à bénéficier des eaux de crues que véhiculent les oueds qui descendent de l’Ahmar Khaddou ; à cet avantage, s’ajoute l’abondance relative de ses eaux souterraines, comparée aux parties situées au centre et en aval du Piémont uni. Le tableau suivant montre que la profondeur et le débit des forages varient d’amont en aval. La profondeur moyenne des forages situés en amont de la plaine (M’Zirâa : 361 m, Zeribet el-Oued : 261 m) est deux fois moins importante que celle des forages situés au centre et en aval de la Plaine (Aïn Naga : 611 m, El-Feidh : 647 m.).

 
Tableau 1 : Profondeurs et débits des forages.

communes

profondeur moy. /puits

débit (l/s)

moy. / puits

M’Zir

361

18,4

Zeribet el-Oued

261

20,3

Aïn Naga

611

19

El-Feidh

647

11

Source: Direction de l’hydraulique. Biskra.

La moyenne du débit par forage est avantageuse pour deux communes situées en amont (M’Zirâa 18,4 l/s, et Zeribet el-Oued 20 l/s) contre (19 l/s pour Ain Naga et 11 l/s pour El-Feidh) localisées au centre et en aval du Piémont uni.

Ces atouts ont permis aux M’Zirâa de mettre en valeur leur plaine dès que la technique du forage avait fait son apparition sur le Piémont au début des années 1980. Aujourd’hui, la Plaine est quasiment occupée par plus d’un millier de jardins qui marquent par leur teint verdoyant, les vastes espaces de parcours des années 1970. Désormais, elles portent une riche gamme de cultures : céréalières (surtout du blé) et maraîchères (dominées par des fèves et petits pois cultivés en plein champ, tomates, poivrons et piments cultivés sous serre).

Le marché quotidien de M’Zirâa attire, de décembre au mois de juin, des centaines de camions et camionnettes, venus de toutes les régions d’Algérie en quête de produits maraîchers. La multiplication des constructions (maisons, hangars, abris de moteurs) témoignent du dynamisme que vit la Plaine de M’Zirâa depuis une décennie. Ce dynamisme paysan, qui n’est pas propre au piémont aurassien, car il touche aussi le Piémont des Nememcha à l’Est et les Ziban à l’ouest, est d’une singulière particularité sur le Piémont aurassien. En effet, on a assisté à un déplacement brutal et quasi-complet de l’habitat et de l’activité agricole du Djebel vers la Plaine (en moins de 20 ans). La Plaine aujourd’hui n’est plus commandée par la montagne car elle est devenue le centre économique de gravité et de décision des M’Zirâa.

1.1.1. Un dynamisme paysan exceptionnel

Si les communes de Aïn Naga et d’El-Feidh, situées au centre et au sud de la Plaine, connaissent une extension de plus en plus remarquable des cultures maraîchères, à M’Zirâa celle-ci atteint des seuils exceptionnels ; sur les 4.548 ha de surface agricole utile (4,7 % de la superficie totale de la commune), 2600 ha en sont couverts ; ce qui représente 57% de la surface agricole utile. Cette part importante consacrée au maraîchage, témoigne du changement quasi-radical intervenu dans le système cultural de la commune.

Tableau 2 : Répartition des cultures dans la commune de M’Zirâa.

cultures

superficie (ha)

taux

maraîchage

2.600

57,2

céréales

1.600

35,2

fourrages

240

5,2

palmiers

100

2,2

arboriculture

8

0,2

total S.A.U.

4.548

100

Source: PDAU de la commune de M’Zirâa.

1.1.2. Une agriculture intensive

La quasi-totalité des exploitations de la Plaine de M’Zirâa est de création récente. Celle-ci remonte aux années 1980, plus précisément à la suite de la promulgation de la Loi de 1983 instaurant le droit d’Accession à la propriété foncière agricole (A.P.F.A.), loi incitative qui ouvre droit à tous ceux qui mettent en valeur des terres, de statut domanial ou communal, situées dans les zones steppiques, d’en devenir propriétaires après cinq ans d’exercice.

Consécutivement à cette loi et durant la décennie (1985-95), 896 exploitations ont été créées dans la Plaine, couvrant une superficie de 7.200 ha, réparties sur 5 périmètres. Ces exploitations se concentrent dans les secteurs centre-est et est de la Plaine, chez les Ouled Abderrahmane et les Beni Malkem, avec respectivement 38,5 % et 29%, contre 4,7 %, 8,7%, et 19,2% dans le centre-ouest et à l’ouest, localisation qui correspond aux secteurs abritant les deux importantes agglomérations de la commune : M’Zirâa, chef lieu de commune (dans le secteur des Ouled Abderrahmane) et B’Ghila, agglomération secondaire (dans le secteur des Beni Malkem).Ces deux secteurs, les plus peuplés de la commune, jouissent d’un certain nombre de privilèges, notamment dans le secteur administratif.

Tableau 3 : Exploitations agricoles selon les fractions.

Fractions

périmètres

Nombre d’exploitations

taux

Beni Malkem

B’Ghila

260

29,0

Ouled Abderrahmane

M’Zirâa

345

38,5

Ouled Youb

Guerbia

40

4,7

Sliman Ben Aïssa

Kharboucha

79

8,7

Ahl Oulach et Ouled Zrara et Achach

Zammoura

172

19,2

Total

 

896

100

Source: D.P.A.T. 1998, wilaya de Biskra, Services de l’agriculture de M’Zirâa.

D’autres exploitations, au nombre de 268, ont été créées hors périmètres, sur une superficie de 1609 ha ; ce qui porte le nombre total des exploitations créées jusqu’en 1998 à 1163, étalées sur 8.847 ha. (cf. P.D.A.U., 1998).

La taille moyenne de ces exploitations est de 9 ha, mais dans leur majorité, celles-ci ont entre 2 et 5 ha ; toutes comportent des jardins dont l’étendue ne couvre souvent qu’une partie de l’exploitation. La partie mise en valeur varie d’une exploitation à l’autre, mais le jardin le plus petit a plus d’un hectare ; parfois, il couvre toute la superficie de l’exploitation pour celles qui ont entre 2 et 5 ha.

Le jardin-type est souvent divisé en trois soles: 1/3 est consacré aux céréales (généralement du blé), l/3 aux cultures maraîchères de plein champ, essentiellement des fèves et petits pois cultivés en automne, pastèque et melon cultivés au mois d’avril, et 1/3 laissé en jachère ; ce dernier est occupé pour 1/4 par la plasticulture. On rencontre cependant quelques arbres fruitiers et même des palmiers dans la plupart des exploitations. La rotation est pratiquée ici dans toutes les exploitations et la superficie du jardin, couverte entièrement par les cultures en première année, laisse 1/3 en jachère l’année suivante.

L’année agricole, qui dure ici pratiquement 11 mois sur 12, est divisée en deux périodes:

- la première commence au mois de septembre, avec fèves et pois en tête d’assolement, accompagnés, au mois de novembre, par les cultures de céréales ; la récolte des fèves et pois se déroule aux mois de janvier-février et celle des céréales à la fin mars.

- la seconde période, allant du mois d’avril à la fin juin-début juillet, porte en tête d’assolement pastèque et melon (cf. fig. 3)

La plasticulture qui n’occupe qu’une faible part de la surface du jardin, 30 ares pour notre jardin-type, reste cependant la grande affaire des exploitants ; chaque jardin comporte en moyenne 4 serres, les plus dotés vont jusqu’à 50 serres (un seul cas dans le secteur des Ouled Abderrahmane). Elles produisent une gamme peu variée d’espèces: (piments, poivrons, tomates), et à ces trois principales spéculations destinées au marché, les exploitants cultivent aussi d’autres espèces en petite quantité, généralement destinées l’autoconsommation.

Le calendrier agricole des cultures sous serre commence en même temps que celui des cultures de plein champ (au mois de septembre), mais la récolte de produits sous serre débute beaucoup plus tôt, à partir de décembre et dure jusqu’au mois de juin ; la cueillette des fruits arrivés à maturité se fait en moyenne tous les 20 jours ; chaque serre donne entre 8 et 10 récoltes, dans un intervalle évalué à une vingtaine de jours.

1.2. Des revenus agricoles importants

Cette mise en valeur intensive est marchande, et les revenus de ses produits sont les plus élevés sur le marché, tant pour les légumes de plein champ (fèves et pois) que pour les espèces cultivées sous serre (piments, poivrons, tomates) qui arrivent sur le marché tellien en plein hiver, c’est- à-dire pendant la saison morte dans le Tell ; c’est pourquoi les produits se vendent à des prix très rémunérateurs.

L’exemple suivant nous donne une idée sur les revenus d’une exploitation moyenne dans la Plaine de M’Zirâa :

G.B. a une exploitation de 7 ha dans le secteur Zemmoura, (dans la partie occidentale de la commune) ; elle comporte des cultures de plein champ et des cultures sous serre réparties comme suit :

* fèves et pois en plein champ occupent 5 ha de septembre à février (2,5 ha pour chaque espèce) ; les mêmes surfaces portent pastèques et melons de la fin mars au début juillet.

* céréales ou jachère 2 ha, sur la surface laissée en jachère, 8 serres sont alternées une année sur trois ; la production concerne piments, poivrons, et tomates.

Ces 7 ha donnent un revenu brut de :

- fèves et pois = 240.000 DA

- pastèques et melons = 330.000 DA

- céréales (rendement 21 q/ha) = 84.000 DA

- la serriculture donne 120.000 DA/serre (09 serres) = 1.080.00 DA

Total du revenu brut = 1.734.000 DA

Charges : (la partie occidentale de la commune est non équipée en électricité et le propriétaire possède un tracteur) :

- mazout pour groupe électrogène + tracteur = 156.000 DA

(60 tonneaux X 2 600 DA)

- huile pour vidange (4 tonneaux) = 60.000 DA

- semences :

(fèves et pois) = 40.000 DA

(pastèques et melons) = 30.000 DA

(céréales) = 5. 000 DA

- engrais (30 qx) = 60. 000 DA

- matériaux pour une serre (50.000 DA) = 450.000 DA

(50.000 X 9 serres)

- transport = 150.000 DA

- salaires des travailleurs saisonniers = 100.000 DA

Total des dépenses = 1.051.000 DA

Bénéfice net = 1.734.000 - 1.051.000 DA = 683.000 DA

Ce revenu net représente un minimum car il tient compte des charges des matériaux de serres, lesquels une fois achetés ne nécessitent que le renouvellement du nylon une fois tous les trois ans, et qui ne coûte que 20.000 DA/serre. On peut donc, sans hésiter, avancer un revenu net et régulier de 1.000.000 DA pour cette exploitation. Ce revenu, qui représente un produit brut / ha de 97.571 DA, peut cependant atteindre 150.000 DA, si on exclut les charges des équipements de base. C’est donc un produit brut / ha considérable, et qui peut doubler au cas où l’exploitation renforce les cultures sous serre au détriment des cultures de plein champ.

Lors de nos enquêtes sur le terrain, nous avons rencontré des exploitations qui ont moins de 5 ha, mais qui réalisent des revenus supérieurs à 1.000.000 DA ; la multiplication des serres leur permet de combler le déficit en terre. Un hectare peut contenir jusqu’à 20 serres d’un volume de 50 m de long, sur 9 m de large et 3,5 m d’hauteur ; c’est le volume type sur le piémont aurassien ; 20 serres rapportent au minimum 2.000.000 DA à raison de 100.000 DA/serre/an. Toutefois les lourdes charges qu’exigent les matériaux de serre au départ et les contraintes quotidiennes qu’imposent leur entretien, font que la plupart des exploitants se limitent à un nombre gérable et moins coûteux ; la majorité a moins de 5 serres.

Le déficit en terre dans ce système de culture perfectionné n’est plus une contrainte pour atteindre les seuils de la richesse ; bien de petites exploitations de 2,5 ha arrivent à réaliser des revenus nets supérieurs à 500.000 DA, avec seulement 3 ou 4 serres qui leur rapportent entre 300 à 400.000 DA/an. Pour parvenir à un tel résultat en système céréalier non irrigué, il faut emblaver 25 ha, qui donnent un rendement d’au moins de 10qx/ha, chose qui n’arrive qu’une année sur deux, voire sur trois.

Le capital foncier n’est plus donc signe de richesse dans ce mode d’exploitation performant ; c’est le nombre de serres que compte l’exploitation. Ces résultats sont à mettre au crédit de la technique de forage et surtout de la plasticulture

1.3. Une initiative endogène

Tout ce mouvement se passe à l’intérieur même de l’ancien terroir des M’Zirâa, c’est-à-dire que la terre sur laquelle se déroule la dynamique en cours appartenait depuis des siècles aux M’Zirâa, et les questions qui méritent d’être posées, peuvent être formulées comme suit : pourquoi ces mutations n’ont pas eu lieu au même moment que celles opérées dans certains secteurs des Hautes Plaines de l’Est dès les années 1950, à l’image du Pays sétifois (M.Côte, 1971) ? Pourquoi sont-elles si rapides (moins de 20 ans) alors que sur les Hautes Plaines, elles ont été graduelles et sur des périodes beaucoup plus longues ? Et pourquoi le glissement de l’habitat de la montagne vers la Plaine a précédé, ici, la création du jardin, tandis que sur les Hautes Plaines le jardin a souvent été créé avant la "descente" de l’habitat (A.Khiari, 1985).

La réponse à ces questions réside à la fois dans le statut juridique des terres agricoles, dans l’introduction des nouvelles techniques d’irrigation et dans les facilités de paiement des charges de creusement des forages.

2. Un mouvement tout à fait récent

Jusqu’à la fin des années 1970, rien ne laissait présager ce mouvement brutal que connaît la Plaine aujourd’hui.

2.1. En 1980 : un espace à économie agropastorale semi-nomade

L’économie des M’Zirâa était basée sur la complémentarité des terroirs ; Sammer et une partie du Piémont uni étaient utilisés pour la culture céréalière, la zone forestière servait de pacage d’été en montagne, la Dakhla et le Piémont uni de pacage d’hiver.

Les huit fractions qui composaient la tribu de l’Ahmar Khaddou forment aujourd’hui la population des deux communes : M’Zirâa et Kimel ; la première englobe 6 fractions (Achach, Ahl Oulach et Ouled Zrara, Ouled Sliman Ben Aïssa, Ouled Youb, Ouled Abderrahmane Kebach, Beni Melkem) et la seconde, à l’est de M’Zirâa, comprend 2 fractions (Serahna et Cheurfa). Les huit fractions ont divisé le territoire de la tribu en 8 finages allongés du nord au sud, englobant une partie de chaque milieu naturel (excepté les Cheurfa, derniers arrivés des fractions, n’ont pas de terres sur le Piémont uni) et chaque finage était commandé par un village situé dans la zone de contact Dakhla-montagne, au centre même du finage. Le choix de cette zone de contact pour l’implantation des villages a vraisemblablement été guidé conjointement par trois facteurs : l’eau, la proximité et la défense. En effet, la présence de sources, qui sourdent au pied de la montagne, a permis aux villageois d’entretenir de petits jardins familiaux portant des légumes et des arbres fruitiers, couvrant leurs besoins ; au centre du finage, les villageois se déplacent sur de courtes distances entre le nord du finage en été et le sud en hiver. Le site défensif permet aux villageois de se replier rapidement sur la montagne en cas d’agression. N’est-ce pas ici, à Kebach, chez les Ouled Abderrahmane, que le Bey de Constantine (Ahmed Bey) avait trouvé refuge pendant trois ans (1845-1848), avant de se rendre en 1848, après avoir été encerclé par les troupes du colonel Canrobert ?

La Plaine comprenait des terres de culture le long des oueds, irriguées par les eaux de crue, et des terres de parcours. Chaque fraction possède une N’feidha (terre de culture) dans son secteur de la Plaine (cf. fig. 4) portant chaque année des céréales emblavées en octobre et récoltées en avril. Les rendements étaient supérieurs à 50 quintaux à l’hectare quand l’année était pluvieuse et les crues importantes ; les revenus étaient partagés entre les membres de la fraction selon des lois ancestrales.

Cette économie basée sur la complémentarité des milieux physiques a fonctionné jusqu’à la fin des années 1970, et la polarisation de la Plaine n’a pris le relais que depuis les années 1980, même si la descente de l’habitat avait commencé timidement dès les années 1970.

Le statut juridique des terres explique en partie le retard des mutations sur le Piémont saharien. En effet, la possession collective des terres a freiné ici l’initiative privée, la Plaine comprenait des terres domaniales et privées, mais classées comme “terres privées” par le Senatus Consult ; leur exploitation était faite collectivement par ses membres, et de ce fait elles ont fini par acquérir un caractère arch. Ce dernier statut a gardé sa particularité collective sur le Piémont saharien, et ces terres n’ont pas fait l’objet d’appropriation individuelle, comme c’était le cas dans le domaine tellien.

Il a fallu attendre la Loi de 1972 portant sur la révolution agraire, et celle de 1983 instituant l’A.P.F.A. (Accession à la propriété foncière agricole), pour casser définitivement ce système d’exploitation collective et aligner les terres arch sur les biens de l’Etat et de ce fait, les individus ont pu prétendre à l’appropriation de ces terres, après leur mise en valeur, comme le stipule la loi de 1983. Depuis cette date, les terres de culture de chaque fraction ont fait l’objet d’un partage entre les membres des fractions, et les terrains de parcours (arch plus domaniaux) ont été attribués aux bénéficiaires dans le cadre de la mise en oeuvre de la Loi de 1983 instituant l’A.P.F.A. Les collectivités locales qui supervisent les opérations d’attribution, délivrent des actes administratifs aux bénéficiaires. Cette appropriation de la terre a coïncidé avec la propagation de la technique d’irrigation par forage, initiée d’abord par l’Etat qui a réalisé 13 forages pour une irrigation collective puis imitée par les fellahs. On estime aujourd’hui à 1200 le nombre de forages creusés par les fellahs privés.

Le rôle joué par les entrepreneurs foreurs est appréciable dans l’extension rapide des jardins. En effet, les entreprises de foreurs ont grandement contribué à la multiplication rapide des jardins et ce, grâce à leur politique fondée sur le versement de la moitié du coût du forage avant le commencement des travaux, l’autre moitié était payée dès les premières ventes des produits maraîchers.

Par ailleurs, la technique de la serriculture a fait une irruption remarquable dans la Plaine ; toutes les exploitations la pratiquent, et chacune possède en moyenne 4 serres ; la commune de M’Zirâa compte aujourd’hui entre 7000 et 8000 serres.

L’habitat a fait son apparition dans la Plaine dès les années 1960, mais d’une façon très timide. Le glissement de l’habitat s’est poursuivi durant les années 1970 ; en 1980, la tendance s’est complètement inversée en faveur de la Plaine, qui regroupe désormais la presque totalité de la population de la commune M’Zirâa, et qui abrite le village de M’Zirâa, promu chef-lieu de commune en 1985.

3. Un espace intégré à l’économie marchande

Depuis la fin des années 1980, la multiplication des jardins facilitée comme on a vu par l’abrogation du statut arch des terres et par l’introduction de la technique d’irrigation par forage, a bouleversé l’ordre socio-économique des populations M’Zirâa ; partout on laboure, on irrigue, on cueille ; le paysage est verdoyant. Neuf mois sur douze, le marché quotidien de M’Zirâa est encombré de décembre au mois de juin par les camions et camionnettes qui proviennent de toutes les régions d’Algérie en quête du produit maraîcher de M’Zirâa.

3.1. M’Zirâa, commune d’accueil

L’activité agropastorale qui caractérisait dans le passé l’espace rural environnant n’arrivait plus à faire face au croît naturel des populations ; aussi, pour une bonne partie de ces ruraux, l’unique solution résidait dans la migration en direction de M’Zirâa. Selon l’évolution démographique enregistrée entre 1977 et 1987, plus d’un tiers du croît démographique a quitté annuellement la commune (tableau n° 4) ; depuis la fin des années 1980, la population a pratiquement doublé, enregistrant une progression relative de 6,2%, taux notamment supérieur à la moyenne algérienne (2,4%).

Tableau 4 : Evolution démographique comparée.

 

population

1977

population

1987

évolut.

annuelle

population

1998

évolut.

annuelle

évolution

1977- 98

M’Zirâa

3.400

4.226

2,4 %

7.091

6,2 %

108 %

Algérie

16.948.000

23.038.900

3,6 %

29.100.900

2,4 %

71,7 %

Source : O.N.S. : 1977, 1987-1998.

Cet accroissement spectaculaire de la population communale entre les deux recensements de 1987 et 1998 est une des retombées directes de l’intensification du système agricole, qui a non seulement, mis fin à l’exode des M’Zirâa, mais qui a aussi attiré un contingent important d’émigrés représentant les 2/3 de son accroissement naturel. Ces émigrés, venus essentiellement des communes aurésiennes voisines, travaillent tous dans l’agriculture, soit comme contractants pour certains d’entre eux (20 fellahs, provenant de la commune voisine de Chachar, ont passé des contrats pour 1/3 dans le secteur des Ouled Abderrahmane chez T.A. qui a monté 50 serres), soit des propriétaires exploitant des terres situées dans des secteurs limitrophes de leur commune d’origine. Ainsi, on rencontre dans le secteur occidental de la commune, des propriétaires venus des communes de Tigharghar (13 fellahs), M’Chouneche (8 fellahs), Téniet-el-Abed (7 fellahs), Menâa (6 fellahs) et dans le secteur oriental, ceux des communes de Djellal et Babar (12 fellahs) et Chachar (10 fellahs). Au nombre d’une cinquantaine, ces migrants ont acheté des terres attribuées aux M’Zirâa dans le cadre de l’A.P.F.A. Ces derniers ont vendu leurs terres soit parce qu’ils ne disposent pas de moyens financiers pour les mettre en valeur, soit parce qu’ils ont opté pour d’autres activités tels le petit commerce dans les deux agglomérations de M’Zirâa et de B’Ghila.

L’agriculture emploie aujourd’hui près de 80% de la population occupée de la commune, phénomène rarement rencontré dans les campagnes algériennes des années 1990.

Tableau 5 : Nombre d’actifs occupés par branche.

branches

emplois.

1987

taux

emplois.

1998

taux

taux

évol.

agriculture

767

80,5

1304

78,3

70

indus., BTP et services

186

19,5

361

21,7

94

total

953

100

1665

100

74

Source : O.N.S., 1987 et 1998.

Le nombre d’actifs occupés dans l’agriculture a presque doublé entre 1987 et 1998 tout comme celui des autres branches économiques (tableau 5). En outre, l’agriculture recrute un nombre important, mais variable d’une année à l’autre, de travailleurs saisonniers qui sont occupés dix mois par an.

Selon une estimation simple concernant le nombre d’emplois créés par les quelques 7000 serres situées dans la commune de M’Zirâa, et en tenant compte de 10 récoltes annuelles réalisées, environ 140.000 journées de travail ont été effectuées par les ouvriers saisonniers ; ce qui équivaut à la création de 560 emplois permanents à raison de 250 journées de travail par an. Par ailleurs, les cultures de plein champ nécessitent de nombreux travaux (préparation, labours, confection de planches et de seguias, repiquage, désherbage, cueillette) au sein de 1000 exploitations ; dans ce cas, 400 emplois permanents ont été pourvus.

La tenue quotidienne du souk de M’Zirâa offre également un nombre d’emplois saisonniers non négligeable, les opérations de déchargement des camionnettes et remorques remplie de légumes apportées par les fellahs et de leur chargement dans les camions et camionnettes des négociants, occupent des dizaines de personnes.

L’importance de cet emploi saisonnier se reflète à travers le montant d’adjudication du marché et l’afflux quotidien des camions.

Tableau 6 : Montant d’adjudication des marchés.

communes

(marché de légumes)

montant

(Souk à bestiaux)

montant

M’Zirâa

7.100.000 DA

-

Zeribet el-Oued

2.500.000 DA

6.300.000 DA

Aïn Naga

250.000 DA

-

Sidi Okba

-

8.100.000 DA

Source : Subdivisions agricoles de Sidi Okba et Zeribet el-Oued.

Le montant d’adjudication du marché de légumes de M’Zirâa (7.100.000 DA) est largement supérieur à celui des communes du voisinage (tableau 6).

Le nombre de véhicules venus de l’extérieur de la commune, en quête d’achat de produits maraîchers, est estimé à plus de 500 véhicules/jour ; des marchés d’importance similaire enquêtés récemment (El-Ghrous) ont donné une moyenne de fréquence de véhicules extérieurs à la wilaya, supérieure à celle avancée ici.

Ce nouveau système de production, si dynamique et si performant, a cependant délaissé l’élevage, qui avait toujours constitué la première source de revenus des M’Zirâa.

Tableau 7 : Evolution du cheptel en un siècle.

cheptel

année

1890 (1)

année

1993 (2)

Evolution (%)

Ovins

5925

3.300

- 44,3

Bovins

72

34

- 52,8

Caprins

13.121

1.900

- 85,5

Source :

(1) Sénatus Consult.

(2) Données statistiques agricoles.

La chute des effectifs, en un siècle, est spectaculaire, notamment ceux des caprins (moins 85,5%) ; il peut être expliqué par l’intensification du système cultural centré sur la Plaine et l’éloignement des pâturages forestiers situés au nord de la commune. Par contre, l’évolution négative de l’élevage bovin (moins 52,8 %) est inexplicable. Les faibles effectifs bovins enregistrés à la fin du 19ème siècle s’expliquent par la non adaptation de l’élevage bovin soumis à des déplacements fréquents des hommes et des troupeaux entre la montagne et la Plaine ; aujourd’hui, les conditions du développement de l’élevage bovin sont réunies grâce à la sédentarisation complète de la population et à l’intensification du système agricole. Seules les chaleurs torrides de l’été peuvent justifier le délaissement de l’élevage bovin.

3.2. Un développement centré sur la Plaine de M’Zirâa

L’ancien centre de gravité de l’économie agro-pastorale (zone de contact entre la montagne et la Dakhla) est aujourd’hui quasiment déserté ; c’est la Plaine qui prend le relais : elle concentre plus de 95% de la population de la commune et accapare toutes les infrastructures de base ainsi que les différents équipements socio-éducatifs. Son petit village M’Zirâa, devenu chef-lieu de commune en 1985, localise aujourd’hui des services administratifs, sanitaires, scolaires et de communication, consolidant de fait, l’ancrage de la population M’Zirâa dans la Plaine.

En plus du chef-lieu, la commune comprend, deux agglomérations secondaires : B’Ghila et Sidi Masmoudi ; la première (siège des Beni Malkem) est située dans la partie orientale de la Plaine alors que la seconde, (siège des Ouled Youb), est localisée sur le piémont septentrional de la chaîne des Guerguit. A ces trois agglomérations, s’ajoute un petit groupement situé dans la partie occidentale de la Plaine, au lieu-dit El- Moncef, noyau d’une agglomération en devenir.

C’est dans ces quatre agglomérations que sont répartis les services scolaires (6 écoles), sanitaires (4 salles de soins) et de la communication (3 agences postales). Toutefois, l’électrification et le réseau routier ne couvrent pour le moment que la Plaine.

4. Les points fragiles de cette mise en valeur intensive

Ces mutations, si marquantes sur le plan géographique (glissement vers la Plaine) et sur le plan technique (irrigation par forage et serriculture) le sont aussi sur le plan économique et social (maisons en dur en rase campagne, villas cossues dans les agglomérations…etc) ; elles témoignent de l’amélioration du niveau de vie des fellahs. La connaissance parfaite de la variation des prix maraîchers sur le marché national certifie de l’ouverture de l’esprit des M’Zirâa aux mutations récentes.

Cependant ces transformations, rendues possibles grâce notamment à l’abondance des eaux souterraines rencontrent des contraintes ; en effet, cette denrée précieuse est de plus en plus menacée par l’exploitation anarchique et abusive de la nappe. Les quelques 1500 forages que compte la Plaine pompent des quantités hydriques considérables, qu’on ne peut malheureusement quantifier par manque de données, mais qui vont indiscutablement au-delà du seuil rationnel que peut offrir la nappe. Le rabattement de celle-ci (de 10 à 20 mètres) est déjà signalé à travers l’enfoncement des forages dans les différents secteurs de la Plaine. Ceci témoigne du danger que courent les fellahs s’ils ne parviennent pas dans l’immédiat à limiter les pompages, soit en optant pour un système d’irrigation plus rationnel tel la généralisation du système goutte à goutte, soit en encourageant l’irrigation par forages collectifs tout en réduisant le nombre de forages individuels actuels. Les risques sont d’autant plus grands que le stock de terres mobilisables pour l’agriculture reste important (plus 1/3 des terres cultivables) et que les collectivités locales comptent poursuivre l’action de mise en valeur. C’est dire là que la nappe sera davantage sollicitée.

A cette fragilité hydrologique, s’ajoute celle de la salification du sol. La très forte évaporation provoquée aussi bien par les grandes chaleurs d’été que par la technique traditionnelle d’irrigation par seguia, expose de grandes quantités d’eau à l’évaporation et favorise ainsi la salification. Celle-ci est déjà visible dans la partie basse de la Plaine où le sol devient plus lourd et le drainage de plus en plus délicat ; les taches blanchâtres qui affleurent déjà après l’arrosage témoignent de la salification qui s’accumule dans le sol.

Conclusion

Les mutations rurales sur le Piémont sud-aurassien qui ont été brutales et générales, touchant les domaines spatial, économique, social et technique.

La possession ancienne des terres par les fractions, l’éclatement de l’indivision depuis les lois de 1972 complétées par celle de 1983 instaurant l’A.P.F.A., l’introduction de la technique d’irrigation par forage et l’irruption remarquable de la serriculture sur le Piémont ont été les précurseurs de ces mutations.

Le plus remarquable dans ces changements est sans doute le déplacement géographique du centre de gravité du peuplement de la zone accidentée vers la Plaine et l’abandon quasi-total de l’élevage, première source de revenus des M’Zirâa jusqu’aux années 1980, et son remplacement par une mise en valeur intensive de la plaine.

Une mise en valeur intensive créatrice d’emplois a certes, non seulement absorbé le chômage dans la commune, mais elle a fait appel à une main d’œuvre extérieure de travailleurs agricoles venus des communes voisines. Celle-ci représente aujourd’hui les 2/3 de l’accroissement naturel des M’Zirâa ; les revenus des exploitations sont de 10 à 15 fois plus élevés que ceux obtenus dans l’ancien système d’exploitation.

Le nouveau système de production agricole a fait du petit village M’Zirâa, un des pôles les plus attractifs du Piémont saharien, grâce à son important marché de légumes que fréquentent quotidiennement plus 500 camions et camionnettes venus de toutes les régions d’Algérie.

Par son dynamisme, M’Zirâa joue aujourd’hui un rôle de premier plan dans le mouvement d’intégration du Piémont saharien dans l’économie nationale.

Bibliographie

Côte, M. : Aïn Oulmene, une paysannerie dynamique.- Annales algériennes de géographie, n° 10, Université d’Alger, 1971.

Côte, M. : L’Algérie ou l’espace retourné.- Paris, Flammarion, 1988.

Côte, M. : Comment les hommes ont utilisé un piémont. En hommage à Gérard Maurer. C.I.E.M., fasc. 11, université de Poitiers, 1987.

Khiari, A. : Déstructuration et restructuration des sociétés rurales en Algérie, le cas du pays des Garaet (Est algérien).- Thèse, 3ème cycle, Université de Tours, 1985.

D.P.A.T. : wilaya de Biskra, année 1998.

 

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