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Famille, développement et troisième âge : approche comparative entre l’Algérie et le Japon

Insaniyat N°59 | 2013| Famille : pratiques et enjeux sociétaux |  p. 33-44 | Texte intégral


Family, development and third-age: comparative approach between Algeria and Japan


Abstract: This article derived from a scientific stay in Japan, organized by “Japan Foundation’ in 2008. The objective of this visit was to help young people coming from different Muslim Arab countries discover Japanese society in its various dimensions : history, economy, family, religion, technology.
We have made of this experience of travel an ethnographic research based on exploration, observation and comparison of both Algerian and Japanese societies. To achieve this deed, we focused our questioning on the situation of the elderly people and the relationships of this category of population with the development concerns. After a demographic assessment of the different types of families and the category of third age in Algeria as well as in Japan, we tried to draw a comparison between the two societies in terms of seniors’ living conditions and support. Consequently, through this experience of travel and research, we have liked to engage in dialogue both Algerian and Japanese cultures with their respective peculiarities.

 Keywords : family, development, third age, seniors, Algeria, Japan

Sidi Mohammed MOHAMMEDI: Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle, Crasc, 31000, Oran, Algérie.


Introduction 

Le Japon est un pays très développé, et le comparer à l’Algérie pourrait paraître présomptueux ; le rôle de l’ethnographe, de l’anthropologue n’est-il pas de chercher les constantes dans la différence ? Notre connaissance de la société japonaise était très vague, teintée de quelques clichés et évidences. « Nippon » ou « Nihon » en japonais, « Pays du Soleil levant », c’est ainsi qu’on appelle le Japon, un pays géographiquement très petit (archipel de 377 944 km2), mais qui est une grande puissance économique (2ème rang mondial dans le classement du FMI selon le PIB en 2006[1]). Pays des « Samurai », du théâtre « nô » et des petits arbres « bonsaï », mais aussi celui qui a engagé la Seconde guerre mondiale en Asie, puis a subi les horreurs de la bombe atomique américaine à Hiroshima et Nagasaki. Le Japon, c’est enfin Nissan, Toyota, les robots, les maisons antisismiques, et bien d’autres « créatures » technologiques.

Ce sont là quelques idées que nous avions lorsque nous sommes partis au Japon[2]. Nous avions aussi une autre idée sur la relation entre le développement et la famille, sujet de nos recherches. Cette idée peut être formulée ainsi : « la structure familiale traditionnelle est un frein au développement ». En effet, le népotisme et la corruption seraient intimement liés à la place de l’individu dans le réseau familial : dans son réseau, l’individu est contraint « moralement » de rendre des services à sa famille, c’est le népotisme. Avec des personnes autres que ses proches, il peut demander des services ou de l’argent en contrepartie, c’est la corruption. Cela freine fortement le développement d’une société citoyenne et consolide la « République des cousins »[3].

Notre séjour au Japon, les conférences auxquelles nous avons assisté, les observations que nous avons menées dans des institutions nous ont incité à repenser cette hypothèse, car nous avons découvert une autre dimension de la relation famille-développement. Cette dimension nous a été révélée par la prise en charge des personnes âgées comme indicateur direct et tangible du développement. Le problème n’était plus « que fait la famille pour le développement », mais plutôt « que fait le développement pour la famille ? ».

Nos sources de données pour répondre, partiellement, à cette question étaient essentiellement tirées de ce séjour au Japon. Elles variaient selon les sources quantitatives, c’est-à-dire les statistiques que nous avons pu avoir dans les différents centres de recherches ; et des sources qualitatives, c’est-à-dire nos observations durant nos visites, les conférences qui nous ont été données, et nos entretiens et discussions avec des Japonais[4].

Ce voyage à caractère ethnographique nous a beaucoup apporté en termes de réflexion, d’observation et de connaissance sur une société très différente de la nôtre. Cela nous a donc amené à nous interroger sur les points de ressemblance et de divergence entre les deux sociétés en ce qui concerne la prise en charge des personnes âgées. Que ce soit au Japon ou en Algérie, les personnes âgées occupent une place importante dans l’imaginaire culturel. Quelles sont les transformations ayant touché cette catégorie, quelle est son évolution sur le plan démographique, quels sont les enjeux qu’elle pose aux deux sociétés et quelles réponses sont apportées par les deux Etats pour y faire face ?   

Seniors et types de familles 

Lorsque nous consultons les statistiques sur l’évolution des types de familles en Algérie et au Japon, nous pouvons constater une certaine similarité. Comme le montre la Figure n°1, il y a une augmentation du pourcentage des familles nucléaires, c’est-à-dire celles composées des parents et de leurs enfants seulement, et ceci dans les deux pays. Par contre, nous constatons une diminution du pourcentage des familles étendues, c’est-à-dire constituées de trois générations[5]ou plus. Pour l’Algérie, selon l’Office National des Statistiques (ONS), les familles nucléaires (avec enfants, sans enfants et monoparentales) représentaient 59,4% des familles en 1966. Elles représentaient 71% en 1998. Pour le Japon, selon le Statistics Bureau, les familles nucléaires représentaient 58,5% de l’ensemble des familles en 1995 et 84,1% si on ajoute les personnes qui vivaient seules. 

Les courbes des deux pays semblent se superposer, néanmoins nous verrons plus loin qu’il y a des nuances à relever.

Figure n° 1 : Evolution des types de familles au Japon et en Algérie (%)

Un autre fait similaire est l’augmentation du pourcentage des personnes âgées (plus de 65 ans) dans les deux pays, sachant que cette augmentation est trois fois plus élevée au Japon qu’en Algérie[6].

Figure n° 2 : Evolution de la population âgée (plus de 65 ans) au Japon et en Algérie (%)

 

Bien sûr, il faut relativiser dans la mesure où même si le nombre de séniors augmente doucement en Algérie, il n’a aucune commune mesure avec celui du Japon qui a entamé depuis longtemps sa transition démographique. Le taux de personnes âgées approche les 08% en Algérie alors que celui du Japon est à 23%[7].

En combinant ces deux constatations, la question qui se pose alors est celle-ci : comment se fait la prise en charge des personnes âgées dans les deux sociétés sachant que le nombre des familles étendues est en diminution ?

La prise en charge des seniors au Japon et en Algérie 

Le 14 novembre 2008, à l’Université de Kanagawa des services humains, le professeur Teiji Ohta nous a présenté une conférence sur le système de soins à long terme des personnes âgées au Japon (en abrégé, LTCI)[8]. Il a indiqué dans cette conférence qu’« il s’est passé un long temps durant lequel les soins aux personnes âgées relevaient de la famille et que, par le vieillissement de la société, l’assurance sociale, les services médicaux et de prises en charge (welfare) gagnèrent en expansion ». Statistiques à l’appui : les finances du LTCI sont passées de 3,6 trillions de Yen en 2000 à 7,1 trillions de Yen en 2006 et le nombre des bénéficiaires est passé de 1,49 millions en 2000 à 3,45 millions en 2005. Ces bénéficiaires participent à hauteur de 10 % des charges.

Nous avions visité le même jour où fût donnée la conférence « Kinugasa Home » (préfecture de Kanagawa) pour les personnes âgées (Figure n°3). Elle se situe dans un quartier où le pourcentage de la population âgée est élevé. Cette maison est constituée de trois étages chacun contenant quatre unités, et chaque unité est composée d’une entrée décorée par les résidentes, des living-rooms (20 m² pour chaque chambre), un bain et une cuisine. Les superviseurs ne ménagent pas leurs efforts pour rendre l’ambiance dans cette maison la plus proche possible de celle de la vie familiale.

Figure n° 3 : « Kinugasa Home » pour les seniors

         Photo : S.-M. Mohammedi, 2008.

Cette résidence constitue un modèle pour d’autres maisons de seniors, son organisation, son aménagement, tout est fait pour le confort des pensionnaires. Chacune a son espace vital mais dans une chambre collective à trois ou quatre personnes afin de re-créer une intimité et une convivialité familiale. Tout est fait pour que les séniors se sentent chez eux ; et, en plus, elles ont la sécurité d’une surveillance régulière adaptée aux besoins spécifiques de chaque pensionnaire.

La qualité de la réponse institutionnelle ne suffit pas toujours dans un pays où l’espérance de vie s’allonge de plus en plus et où le nombre de centenaires est très élevé. Des études sont faites pour compenser l’absence de membres de la famille et la difficulté de trouver un personnel suffisamment nombreux et disponible pour apporter une aide adaptée à de plus en plus âgés. La presse nous rapporte la réponse de la technologie japonaise : le groupe Tomy fabrique une poupée parlante pour tenir compagnie aux personnes âgées vivant seules. Son nom est « Yumel », du mot « yume » qui veut dire « rêve »[9]. Autre réponse du groupe Futjtsu : un micro-portable pour les personnes âgées, facile à utiliser, leur permettant de communiquer et de faire les courses à partir de leur domicile[10]. En effet, la solitude et les difficultés de déplacement sont deux problèmes majeurs qui se posent aux séniors du monde entier et leur causent de grandes souffrances ; si la technologie peut compléter l’apport humain indispensable, et compenser ses lacunes, alors le développement aura accompli son rôle.

En Algérie, nous n’avons pas cette technologie sophistiquée et notre système de maisons des seniors n’est pas aussi satisfaisant. Selon un rapport du Conseil National Economique et Social (CNES)[11], le rapport entre les bénéficiaires et le personnel spécialisé dans ces maisons (20 au total en 2000) est de une personne pour quinze (1 / 15) ce qui est largement insuffisant d’autant plus, selon le même rapport,  que les bénéficiaires de ces maisons ne sont pas uniquement des personnes âgées, nous trouvons aussi « des marginaux (alcooliques, vagabonds…) ; de jeunes handicapés physiques ; des pupilles de l’Etat, handicapés non insérables ; des femmes en difficulté (mères célibataires…) ; des personnes rejetées par leur famille ou ayant rejeté la leur ; des personnes autonomes ou non, avec ou sans famille, mais disposant de revenus ». Ce qu’il faut souligner, c’est que souvent ce manque en personnel dans ces maisons pour seniors est compensé par une sorte de touiza ou d’aide spontanée apportée par les pensionnaires en bonne santé ou plus jeunes. Les conditions de prise en charge, sur le plan de la santé, sont également insuffisantes, puisque, toujours selon le CNES, un tiers (1/3) des maisons seulement disposent d’un médecin.

Comme on le voit clairement, la réponse des deux sociétés est différente au même problème. L’explication la plus rapide et la plus facile est que ces deux réponses sont différentes parce que le Japon est un pays développé alors que l’Algérie est un pays sous-développé, et c’est absurde de comparer l’incomparable ! En réalité, d’autres questions se posent : le rapport cité du CNES parle d’une population de 2000 personnes âgées dans ces maisons alors que la population âgée de 65 ans et plus est de 1,3 millions (en 1998). Comment se fait donc la prise en charge de cette population ?

Notre réponse est que les seniors algériens sont pris en charge, généralement, dans le cadre de la famille et non dans un cadre institutionnel et ceci pour deux raisons, pensons-nous, essentielles :

La première raison est sociologique. Les statistiques sur la nucléarisation de la famille sont trompeuses car dans des recherches antérieures[12], il est établi le fait qu’il n’y a pas une évolution linéaire de la famille (de la famille étendue à la famille nucléaire) mais une évolution cyclique : la famille étendue s’est transformée d’abord en réseau familial, c’est-à-dire un ensemble de familles nucléaires éparpillées dans la ville -et hors ville-, mais en liaison continue avec la famille souche, la famille des parents où vivait un fils marié ou même deux. Ces familles nucléaires se sont transformées, à leur tour, en familles étendues après le mariage des fils qui sont restés avec leurs parents. il y a toujours quelqu’un qui prend en charge les seniors de la famille. C’est donc la famille qui assure la prise en charge des personnes âgées. Les valeurs musulmanes, les valeurs coutumières traditionnelles font que la famille a un devoir moral et quasi obligatoire de s’occuper de ses séniors. Les familles qui seraient tentées de placer leurs parents âgés ou grands-parents sont très mal vues, stigmatisées et rejetées. D’où le peu de personnes âgées dans les maisons qui leur sont réservées.

La deuxième raison est d’ordre religieux et éducatif. Les élèves, par exemple, apprennent dès l’école élémentaire la morale islamique concernant le respect des parents et leur prise en charge à l’âge de la  vieillesse. Ils apprennent, entre autres, ce verset du Coran sur les devoirs dûs aux parents : « Ton Seigneur t’ordonne de n’adorer que Lui et de traiter avec bonté les parents. Et si l’un d’eux ou tous les deux atteignent, auprès de toi, un âge avancé, ne leur dis pas « Ouf ! » et ne crie pas à leur face et adresse-leur une bonne parole. Et par miséricorde, fais preuve à leur égard d’humilité et dis Seigneur sois miséricordieux envers eux comme ils l’ont été envers moi, quand ils m’ont élevé tout petit !» (Coran, El-Israa, versets 23-24).

La situation est différente au Japon. « L'urbanisation et la concentration de la population dans les villes et les grandes cités sont apparues après la deuxième guerre, avec la reconstruction du pays. Si avant la deuxième guerre mondiale, les second et troisième fils des familles devaient quitter le foyer familial, à la fin des années 1950, même le fils aîné, qui aurait pourtant dû rester à la ferme, avait abandonné la vie rurale et était parti travailler dans les villes. Cet exode rural massif reflète bien la réticence des Japonais à vivre en milieu rural et leur attrait pour la vie urbaine»[13].

Quant à l’enseignement, nous savons qu’il est laïc au Japon, c’est-à-dire que la religion n’est pas enseignée dans l’école publique, ce qui a un effet, pensons-nous, sur les relations entre les générations car, s’il y a une différence de dogme entre les grandes religions au Japon, il y a par contre une similarité sur le plan de la morale familiale. Dans nos visites aux temples shintoïstes et dans les conférences sur le Shintoïsme, les moines nous ont expliqué l’importance des ancêtres et leur vénération. Nous avons nous-même constaté à l’île de Miyajima et au Meiji-Jingu Shrine des grands-parents avec leurs petits-enfants ensemble visitant les lieux de culte (Figure n°4), mais nous ne les avons pas vu ensemble dans les rues de Tokyo. 

Figure n° 4 : Des enfants et leur grand-mère à l’île de Miyajima

           Photo : S.- M. Mohammedi, 2008.

Pour le Bouddhisme, dans chaque hôtel dans notre trajet de Tokyo vers Hiroshima, il y avait le livre des Enseignements de Bouddha dans nos chambres. Nous pouvons ainsi lire : « Un fils doit honorer ses parents et fait pour eux tout ce qu’il est supposé faire. Il doit les servir, les aider dans leur travail, chérir la propriété familiale, et continuer les services mémoriaux après leur départ [i.e. leur décès] » (The Teaching of Bouddha, p. 424)

Comme pour le Bouddhisme, on trouve dans le Shintoïsme la même préoccupation de respect et de vénération dûs aux parents. 

Quelle prise en charge pour les seniors ?

Un certain nombre de facteurs jouent en faveur d’une prise en charge chargée d’humanité tout en assurant des soins de qualité. Il n’y a pas une solution unique, mais plus les solutions serons adaptées au contexte, mieux ce sera. Et si l’enseignement de la morale religieuse concernant la famille dans l’école élémentaire a un rôle dans le maintien de la solidarité et du maintien du lien entre génération, il constituerait un investissement important, à long terme, en faveur des personnes âgées. Pour utiliser la terminologie du professeur Hirofumi Tsushiro[14], cette morale religieuse est un élément de la culture populaire (« deep culture »), mais peut avoir sa place dans la culture savante (« peak culture ») par l’intermédiaire de l’école.

La diversité des modalités de prise en charge apparaissent au Japon qui dispose d’autres atouts en faveur des seniors et de leur insertion dans la communauté locale. Il s’agit par exemple de la mémoire locale et nationale qui est un facteur de renforcement des relations entre les générations. Nous pensons par exemple à « Himeji Castle » (Figure n° 5), ce château en bois qui remonte aux siècles médiévaux et qui est classé par l’UNESCO comme patrimoine culturel mondial. Lors de notre visite dans ce bijou architectural, nous avons rencontré non seulement des touristes de par le monde, mais aussi des grands-parents japonais avec leurs petits-enfants, car ce site est aussi le plus visité par les familles japonaises. Aussi, nous pensons à notre passage à l’Université de Shudo à Hiroshima où, lors d’une conférence sur l’histoire de Hiroshima, un étudiant  nous a raconté l’histoire malheureuse de son grand-père victime de la bombe atomique (voir Figure n° 6). Ainsi, de génération en génération, se transmet une histoire locale imbriquée à la fois dans l’histoire nationale  et mondiale.

 Figure n° 5 : « Himeji Castle »                                  

            Photo : S.- M. Mohammedi, 2008

 

Figure n° 6 : Première photo après l’explosion de la bombe atomique à Hiroshima

                               

                                               

 

 

 

 

 

 




              Photo :
Musée de la bombe atomique, Hirochima, 2008

 

Une autre expérience est celle du « tourisme vert », là où les touristes peuvent être en contact direct avec le monde de l’agriculture et de la pêche, ce qui donne une chance aux seniors de participer à la vie communautaire locale. Nous l’avons constaté à Imabari City lors de la visite de la ferme de Madame Ichida, avec des oranges délicieuses en retour…

Conclusion

Pour conclure, nous pouvons dire que le Japon a beaucoup d’atouts pour la prise en charge des seniors ainsi que leur intégration dans la société. Nous pensons aussi que la réponse technologique n’est pas la seule, et peut-être même qu’elle n’est pas la plus pertinente pour accompagner des personnes qui ont tant donné de leur temps et de leurs efforts pour le pays et la nation, ils ont besoin de plus de soins et de chaleur humaine pour accompagner leurs vieux jours.

C’est dire que le développement ne doit pas être conçu en termes quantitativiste, économiste et technologiste. La dimension humaine est très importante si ce n’est la plus importante. La place des seniors dans la société et leur prise en charge est un indicateur clé de cette dimension humaine et un étalon de mesure de la fiabilité de toute politique de développement. Une de nos collègues lors de ce séjour avait écrit sur un tableau une phrase qu’elle n’avait pas le temps d’expliquer : « le bonheur n’est pas seulement le développement ». Elle faisait certainement allusion à cette dimension humaine du développement.

Enfin, comparer la prise en charge des seniors en Algérie et au Japon n’est pas seulement un travail de recherche, mais aussi une illustration du dialogue entre les civilisations. Les moyens mis en œuvre pour cette prise en charge par les uns peuvent être adoptés par les autres; par exemple : le système de protection sociale, l’organisation des maisons de seniors, la médecine, la technologie, l’enseignement, etc., tous ces champs d’actions sont des terrains d’échange de savoir et d’expérience entre les deux sociétés. Ainsi, le dialogue entre civilisations ne reste pas un discours abstrait mais constitue une réalité concrète et c’est Japan Foundation qui nous a donné cette opportunité de dialogue et de visiter ce grand et très beau pays. Qu’elle trouve ici notre gratitude et nos remerciements infinis.

Bibliographie

Addi, L. (2005), « Femme, famille et lien social en Algérie », in A. Thiebaut et M. Ladier, Famille et mutations socio-politiques. L'approche culturaliste à l'épreuve, Paris, Éd. de la Maison des Sciences de l'Homme.

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CNES, (2001), Evolution des systèmes de protection sociale, Alger.

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Moutassem-Mimouni B. (dir.), (2013), Famille, éducation et changement social, Oran, éditions du Crasc.

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Tillion, G. (1962), Le harem et les cousins, Paris, Éd. du Seuil.

Tsushiro, H. (2008), « On the ‘Peak Culture’ of Japan », conférence à la Japan Foundation, Tokyo, 23 novembre.


Notes

[1] Fonds Monétaire International (2008), World Economic Outlook database.

[2] Nous sommes partis au Japon dans le cadre d’un séjour organisé par Japan Foundation (novembre 2008). Etaient invités, pour ce séjour, des jeunes de différents pays arabo-musulmans, et ce pour découvrir les différents aspects de la vie japonaise : histoire, économie, famille, religion, technologie, etc. A la fin de leur visite, et lors d’une journée d’étude, les invités avaient présenté un petit rapport à partir de leurs recherches et découvertes. Nous reprenons ici notre présentation avec quelques modifications pour les besoins de l’édition. Nous remercions les professeurs Moutassem-Mimouni B., et Remaoun H. pour leur lecture de cet article, et pour leurs précieuses suggestions.

[3] Voir : Tillion, G. (1962), Le harem et les cousins, Paris, Éd. du Seuil. Sur la famille algérienne, voir également : revue Insaniyat, n° 04, 1998 ; Addi, L (2005), « Femme, famille et lien social en Algérie », in A. Thiebaut et M. Ladier, Famille  et mutations socio-politiques. L'approche culturaliste à l'épreuve, Paris, Éd. de la Maison des Sciences de l'Homme ; Lacoste-Dujardin, C. (1996), Des mères contres les femmes : Maternité et patriarcat au Maghreb, Paris, la Découverte ; Moutassem-Mimouni, B. (dir.), (2013), Famille, éducation et changement social, Oran, éditions du Crasc.

[4] Sans oublier l’aide précieuse de Moaddeb O., un doctorant tunisien étudiant au Japon, et tout le personnel de Japan Foundation.

[5] Pour les statistiques du Japon : Kuroda Toschio (1994), « Family structure and social change: implications of fertility changes in Japan and China », in Lee-Jay Cho & Matö Yada (éd.), Tradition and change in the Asian family, Honolulu-Hawaii, East-Western Center. Pour les statistiques de l’Algérie : CENEAP, (2003), Mutations des structures de la famille algérienne et ses implications sur les attitudes, les attitudes  et les pratiques courantes, Alger (d’après les statistiques de l’ONS).

[6] Pour le Japon : Statistics Bureau, MIC, Ministry of Health, Labour and Welfare. Pour l’Algérie : ONS (2005), Retrospective Statistique 1970-2002, Alger.

[7] Dupâquier, J. (2006), « Le vieillissement de la population dans le monde », in Bulletin Rayonnement du CNRS, n° 42.

[8] Ohta, T. (2008), « Development of Elderly Care in Japan », conférence à la Faculty of Health and Social Work, Kanagawa University of Human Services, 14 novembre.

[9] Tarot, J.- P. (2005), « Japon : une poupée parlante pour tenir compagnie aux personnes âgées », in www.senioractu.com

[10] « Japon : Fujitsu lance un PC pour personnes âgées », in www.rtbf.be, info diffusée le 07/11/2008.

[11] CNES, (2001), Evolution des systèmes de protection sociale, Alger, p. 36-37.

[12] Addi, L. (2005), « Femme, famille et lien social en Algérie », in A.Thiebaut et M. Ladier, Famille et mutations socio-politiques. L'approche culturaliste à l'épreuve, Paris, Ed. de la Maison des Sciences de l'Homme. Nous avons nous-même constaté cette évolution cyclique lors de nos recherches pour le magister en sociologie chez les Hawz de Tlemcen (à l’Ouest de l’Algérie).

[13] Matata Mukengeshayi (2006), « Le culte des ancêtres et les changements de la structure familiale dans le Japon contemporain », in The Japan Mission Journal.

[14] Tsushiro, H. (2008), « On the ‘Peak Culture’ of Japan », conférence à la Japan Foundation, Tokyo, 23 Novembre.

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