Jean COPANS (2025). L’enquête ethnologique de terrain. Armand Colin, 128 p.

169 – 177
La recherche en sciences sociales : approches par les contextes
N° 111 — Vol. 30 — 31/03/2026

Jean Copans est anthropologue et professeur émérite à l’Université Paris V René Descartes. Il a enseigné aux États-Unis et au Québec. Parmi ses nombreuses publications, nous avons retenu « l’enquête ethnologique de terrain », un petit livre constituant la troisième édition réactualisée d’un ouvrage, devenu une référence incontournable de l’entrée dans la discipline. Les méthodes et concepts fondamentaux y sont examinés, ainsi que les principaux paradigmes et grands domaines de recherche. L’auteur s’y livre à une série de réflexions critiques sur ce que certains ont appelé « l’art du terrain ». La principale question que nous pourrions soulever à ce propos est de savoir quelle place l’auteur accorde-t-il au terrain, à l’observation participante et à l’enquête ethnologique ?

« Le terrain avant toute chose »

Dès L’introduction de l’ouvrage, le maître-mot est « le terrain »[1]. L’expression « faire du terrain » (fieldwork) est certainement l’un des impératifs les plus catégoriques de la discipline. L’ethnologie affirme Copans est définie par la pratique de terrain. C’est un impératif qui a pris, de nos jours, des formes variées. Le mot « terrain », qui désigne à la fois un lieu et un objet de recherche, est devenu un mot-clé du milieu ethnologique : on « fait son terrain », on « revient du terrain », on « a fait un premier terrain », on entretient un « rapport au terrain ». C’est pourquoi, s’il importe de se préoccuper de méthodologie ; « l’art du terrain », comme il a parfois été appelé, ne s’apprend pas dans les livres. De plus, « Faire du terrain » n’est plus une propriété spécifique à l’ethnologie[2], on « fait du terrain dans toutes les recherches en sciences sociales. La question est probablement celle du temps relativement plus long en ethnologie !

Le terrain, affirme l’auteur (p. 7) à un statut analogue à celui de l’inconscient en psychanalyse car « il ne parle pas directement de lui-même et pourtant il travaille ». Il est tout à la fois un objet, un lieu et une pratique d’enquête où l’ethnologue entre en contact direct avec ses interlocuteurs. Définie par le rapport à l’autre[3], elle repose ainsi sur une démarche qui parcourt tout l’éventail allant de l’histoire de vie « de l’autre » au récit ou à l’analyse structurale[4].

L’enquête ethnologique peut être définie dans sa démarche, ajoute Copans, « soit par rapport à l’espace, soit par rapport au temps. Dans le premier cas, on dira que le travail de l’ethnologue va du terrain au texte (p. 8). Dans le second cas, on dira que la tâche de l’ethnologue passe successivement par les phases de l’observation, de la description et de l’explication » (p. 86). L’ethnologie s’assigne pour tâche de décrire, d’interpréter et de mettre en perspective comparative les faits sociaux et culturels. La finalité est de comprendre la nature humaine à travers l’étude des peuples, cultures, sociétés par la théorisation des observations de leurs particularités[5].

Nous pourrions certainement affirmer avec Philippe Laburthe-Tolra et Jean Warnier (2016), que « l’ethnologie, loin d’être la science des sociétés dites périphériques, constitue une méthode d’analyse et un savoir permettant de saisir les aspects les plus concrets de la vie d’aujourd’hui. » « Lorsque le travail ne s’arrête plus au niveau descriptif, mais qu’il s’oriente plutôt vers de premières synthèses, c’est-à-dire l’analyse et la comparaison, il faut alors parler d’ethnologie, note Serge Genest (1985). En s’inspirant des recherches ethnologiques, l’anthropologue tente de présenter des théories partielles ou globales sur l’un ou l’autre phénomène social.

L’observation participante « de longue durée »

Apparemment l’observation participante de longue durée est une spécificité de l’ethnologie. Elle est justifiée avec des arguments de nature épistémologique. Depuis les démarches de type plutôt « mécaniques », postulant la neutralisation des situations d’enquête, jusqu’à celles plus réflexives faisant de l’analyse des situations d’enquête des voies d’accès à la connaissance de l’objet, la longue durée de l’enquête, par ses effets supposés de dilution de la distance sociale observateur/observé, se trouve fréquemment parée de vertus épistémologiques intrinsèques. Les questions sont de savoir : que fait le temps de l’enquête à la qualité de la production ethnologique ? De quoi la longue participation est-elle la garantie dans l’enquête ethnologique de terrain ? Et quelle corrélation entre durée de l’enquête et degré de validité scientifique de celle-ci ?

L’observation participante de longue durée au sein du groupe social étudié est parfois justifiée avec des arguments non seulement de nature méthodologique mais aussi de nature épistémologique.

Ainsi pour Jean Peneff (1990)[6], la longue participation « lève l’objection selon laquelle observer modifie les comportements ». La « perturbation de l’observateur » étant d’emblée identifiée comme étant le problème principal susceptible d’affecter la qualité des données recueillies. Cette question se trouve reliée à celle de la distance sociale enquêteur/enquêté comme source de « biais » dans la production des données d’enquête.

Un tournant épistémologique est mis en oeuvre dans les années 1980 dans les sciences sociales françaises avec les démarches pionnières de Jeanne Favret-Saada (1977), Paul Rabinow (1988) ou de Florence Weber (2009) qui ont toutes pour point de départ l’impossibilité d’une posture d’extériorité de l’observateur sur son terrain et l’analyse réflexive dans la durée du travail d’enquête des différentes places qui leur seront assignées dans la société étudiée.

Copans parle désormais d’activité perceptive (p. 79), « consistant à voir, écouter mais aussi contextualiser les comportements et relativiser la temporalité des conduites ; ceci conduisant nécessairement l’ethnologue à tenir compte de la langue de l’autre. Il faut, en visant l’exhaustivité, recueillir la parole de l’autre et la retranscrire car l’ethnologue, dit-il, est un scribe (p. 61). En liaison avec cette exigence, il doit avoir un minimum de connaissances en ethnolinguistique ou en sociologie de la communication, « en ce que comporte la parole elle-même, les particularités de l’énonciateur et les spécificités de l’information, y compris dans les dimensions genre ». (p. 12, 30).

En réalité, ce sont ces caractéristiques mêmes du travail du terrain qui impliquent que soit accomplie une démarche réflexive, pour rendre compte des conditions réelles de production des données et permettre ainsi de juger de la pertinence ou non d’un énoncé. Aujourd’hui, cette exigence épistémologique fait l’objet d’un large consensus parmi les ethnologues qui, au cours des trente dernières années, ont développé de manière significative leur réflexion sur les conditions de construction d’un savoir ethnologique.

Qu’en est-il finalement de ces approches réflexives ? Certaines ne sont pas nécessairement exemptes de formes plus subtiles d’attribution de vertus épistémologiques intrinsèques supposées au temps long de l’enquête comme on va le voir avec la distinction établie par Olivier Schwartz[7] entre deux types de données que sont les « effets induits » (par la situation d’enquête) et les « effets endogènes » (indépendantes de la situation d’enquête), les deuxièmes étant permises par la « banalisation de l’observateur » dans le temps long de sa présence au sein du groupe étudié. Il s’agit pour Olivier Schwartz de se donner les moyens d’une lecture non naïve des phénomènes observés ou des propos recueillis, en posant comme base de l’analyse que les matériaux d’enquête « doivent d’abord être traités comme des effets de la situation d’enquête, et non comme des représentations immédiates d’une réalité “naturelle”, antérieure à l’observation ».

Alors, de quoi le temps long de l’enquête in situ est-il le garant ? Le principe épistémologique ici et la considération méthodologique-là ne paraissent pourtant pas mutuellement exclusifs ! En effet, Il n’y a aucune corrélation évidente et mécanique entre le degré d’intégration du chercheur dans le groupe étudié et la qualité des informations qu’il produit à partir de cette insertion. Si une bonne intégration dans le groupe dans le temps long de sa présence sur place constitue souvent une condition favorable, elle n’est en aucun cas une condition suffisante à la production d’un cadre de communication heuristique.

L’enquête ethnologique de terrain

Le terme enquête désigne une recherche, une investigation menée à propos d’un sujet ou d’une problématique de recherche. Quant au terme terrain, « c’est la dimension empirique de la recherche, c’est-à-dire le lieu matérialisé où le chercheur applique ses opérations de recherche » (Messu, 2016). Le terme de terrain renvoie généralement à un lieu géographique, une communauté humaine, un domaine d’activités ou un champ d’action anthropisé ou non. L’enquête de terrain devient alors une série de textes (notes, entretiens, articles ou ouvrages). Dans ce sens, l’enquête de terrain signifie : aller sur un terrain (c’est-à-dire sortir de sa zone de confort pour se rendre au sein d’une société, une communauté, un pays, une ville, un village, une région, etc.) pour y collecter des données (ethnographiques) à propos d’un sujet bien précis. L’efficacité de l’enquête de terrain réside sans doute moins dans la recherche consciente et active que dans un apprentissage spontané.

C’est pourquoi Stéphane Beau et Florence Weber (2003, p. 16) affirment que : « faire du terrain, c’est avoir envie de se colleter avec les faits, de discuter avec les enquêtés, de mieux comprendre les individus et les processus sociaux ». Et Jean Copans (2010, p. 7) note : « l’ethnologie personnifie par excellence la culture de l’enquête de terrain ». Par conséquent aussi complexe puisse-t-il être, le terrain reste le laboratoire du chercheur. La pratique ethnologique est marquée par l’implication des chercheur·e·s et le partage d’un lieu avec des enquêté·e·s, pendant une durée prolongée. Cette manière de faire du terrain est aujourd’hui questionnée par certaines transformations de la méthode enrichie par les interrogations sur le rôle de l’ethnologue, la délimitation spatiale et temporelle de son travail, ou encore les conséquences sociales et politiques des observations (Cefaï, 2010). Principal changement, l’enquêteur·trice fait à présent valoir sa « mobilité » dans les espaces, mais aussi dans les temps de l’enquête. Lorsque le déroulement de la recherche favorise sa circulation, l’ethnologue multiplie en effet les engagements in situ et collecte une diversité d’événements situationnels, (Dodier et Baszanger, 1997).

Dans la pratique de cet « homme-orchestre », suivant la formule de Jean Copans, que se sent être parfois l’ethnologue, la saisie orale au magnétophone ne représente donc qu’une technique parmi d’autres. Aussi ne faut-il pas surévaluer ce procédé. Si l’on pense que l’enquête de terrain consiste en un « recueil empirique organisé et réfléchi des données » (Copans, 1998, p. 18), l’enregistrement ne peut que résulter d’un choix, en amont duquel se pose une série de questions :

  • Le statut de la parole dans les sociétés étudiées mérite d’être pensé avant tout enregistrement. L’opposition sociétés de tradition orale/sociétés de tradition écrite ne suffit pas. C’est, nous le savons, une dichotomie abusive puisque même dans les sociétés de tradition écrite, d’énormes pans de la réalité échappent à l’écrit.
  • Le type de discours est également à interroger. La nécessité de l’enregistrement est-elle la même dans tous les cas de figure ? Doit-on, par exemple, traiter de la même façon les discours de type informatif, les développements de type narratif, les paroles rituelles, les récits biographiques, la musique, le chant, les propos centrés sur la langue ?

À supposer résolues ces questions, il en reste d’autres d’ordre déontologique. Peut-on, doit-on tout enregistrer ? L’ethnologue est souvent, pour ne pas dire toujours, un intrus dans les sociétés ou les groupes qu’il étudie. Au-delà de la simple pudeur et du respect d’autrui qui nous ont tous, à un moment ou à un autre, conduits à ne pas brancher ou à couper notre magnétophone, il est des terrains difficiles ou des sujets délicats qui n’en permettent pas l’utilisation.

« Tout l’art de la prise de notes intervient, ce qui complique et élargit la nature de l’observation dépendante des qualités intellectuelles de transcription, de classement, en un mot d’écriture et de réflexion. L’image permet de conserver vivante l’observation, même si elle pose des problèmes spécifiques » (p. 83).

Nous pourrions certainement distinguer l’enquête ethnologique de terrain des procédures d’enquête, telles que les sciences sociales se sont efforcées d’en fixer les règles méthodologiques. Dans ce dernier cas, les situations de rencontre entre le chercheur et les sujets qu’il étudie sont des événements quasi expérimentaux, construits en fonction de perspectives analytiques, qui déterminant les modalités de recueil et d’interprétation des données. C’est au niveau de la communication que l’enquête ethnologique de terrain diffère des procédures d’enquête telles que les sciences sociales se sont efforcées d’en fixer les règles méthodologiques. Nombre de techniques d’enquête (les dispositifs centrés sur le questionnaire et l’entretien, les protocoles d’observation) assurent l’évacuation de leur communication.

Dans la conclusion de son ouvrage, Jean Copans déplore « les discussions méthodologiques trop peu nombreuses [...] sur les enjeux de terrain » (p. 110). Il souligne le nombre restreint d’ouvrages en français sur le terrain en comparaison avec la production anglo-saxonne constituant, selon lui, environ 90 % des références. Malgré cette constatation, la grande majorité - soit environ les trois quarts - des ouvrages cités par l’auteur et apparaissant en bibliographie sont en français. Plusieurs sont toutefois des traductions d’ouvrages en anglais. À ce chapitre, il apparaît étonnant que l’auteur, qui est familier avec l’anthropologie québécoise francophone pour avoir enseigné à Laval au milieu des années 1970, passe sous silence deux ouvrages d’anthropologues québécois qui portent sur le terrain : ceux de Beaucage, Gomila et Vallée (1976) et de Serge Genest (1985). Cette lacune touche une corde sensible chez les anthropologues québécois, mais peut-être l’auteur ne s’adresse-t-il qu’aux ethnologues français, comme il le fait à la toute fin de son volume en leur lançant : « dépêchons-nous d’innover » (p. 110).

En guise de conclusion, « l’enquête ethnologique de terrain » constitue une lecture passionnante, non seulement pour ceux qui découvrent la discipline mais aussi pour les ethnologues chevronnés. Une fois commencée, on ne peut que la finir d’une traite. Cette 3e édition prend en compte les publications françaises les plus récentes tant sur la restitution et l’analyse des pratiques d’enquête que sur les nouveaux champs de recherche comme le développement ou l’humanitaire. Et même si le livre comporte des indications très concrètes, ce n’est ni un guide ni un manuel mais une réflexion épistémologique sur les difficultés du travail de l’ethnologue.

Althabe, G. (1990). Ethnologie du contemporain et enquêtes de terrain. Terrain, (14), 126-131.

Baszanger, I., & Dodier, N. (1997). Totalisation et altérité dans l’enquête ethnographique. Revue française de sociologie38(1), 37-66.

Beaucage, P., Gomila, J., & Vallée, L. (1976). L’expérience anthropologique. Presses de l’Université de Montréal.

Beaud, S., & Weber, F. (2003). Guide de l’enquête de terrain. La Découverte.

Cefaï, D. (Dir.). (2010). L’engagement ethnographique. Éditions de l’EHESS.

Copans, J. (1974). Critiques et politiques de l’anthropologie. F. Maspero.

Copans, J. (1988). Les modèles marxistes dans l’anthropologie économique française : Prêt-à-porter ou haute couture ? Cahiers internationaux de sociologie, (34), 161-176.

Copans, J. (2000). Mondialisation des terrains ou internationalisation des traditions disciplinaires ? L’utopie d’une anthropologie sans frontières. Anthropologie et Sociétés24(1), 21-42.

Copans, J. (2007). Les frontières africaines de l’anthropologie : Un demi-siècle d’interpellations. Journal des Anthropologues, (110-111), 337-370.

Copans, J. (2011). La recomposition des sciences sociales du développement et de l’humanitaire au XXIe siècle. Cahiers d’Études africaines51(202-203), 311-329.

Copans, J. (2014). Georges Balandier : Un anthropologue en première ligne. PUF.

Copans, J. (2019). Introduction à l’ethnologie et à l’anthropologie. Armand Colin.

Copans, J. (2025). L’enquête ethnologique de terrain (3e éd.). Armand Colin.

Dufour, A.-H. (2002). L’ethnologue et l’enregistrement de terrain. Sonorités (Bulletin de l’AFAS), (4), 13-24.

Favret-Saada, J. (1977). Les mots, la mort, les sorts : La sorcellerie dans le bocage. Gallimard.

Genest, S. (Dir.). (1985). La passion de l’échange : Terrains d’anthropologues du Québec. Gaëtan Morin éditeur.

Goulet, J.-G. (2011). De l’observation participante à l’observation de la participation : La transformation de l’anthropologue par le terrain. Anthropologie et Sociétés35(3), 107-125.

Kilani, M. (1990). Les anthropologues et leur savoir : Du terrain au texte. Dans J.-M. Adam, M.-J. Borel, C. Calame, & M. Kilani (éds.), Le discours anthropologique : Description, narration, savoir (p. 71-109). Méridiens Klincksieck.

Laburthe-Tolra, P., & Warnier, J.-P. (2016). Ethnologie Anthropologie. PUF.

Lévi-Strauss, C. (1958). L’anthropologie structurale. Plon.

Messu, M. (2016). Le « terrain », mais pourquoi faire ? Cahier de recherche sociologique, (61), 91-108.

Rabinow, P. (1988). Un ethnologue au Maroc : Réflexion sur une enquête de terrain. Hachette.

Weber, F. (2009). Le travail à-côté : Une ethnographie des perceptions. Éditions de l’EHESS.

[1] Nous serons d’accord avec Mondher Kilani (1987) pour dire que « le terrain est désormais reconnu comme un préalable à toute recherche de type ethnologique et/ou anthropologique.

[2] Stéphane Beau et Florence Weber (2003, p. 16) ont souligné que : « faire du terrain, c’est avoir envie de se colleter avec les faits, de discuter avec les enquêtés, de mieux comprendre les individus et les processus sociaux. » De même, Jean Copans (2010, p. 7) note que « l’ethnologie personnifie par excellence la culture de l’enquête de terrain ».

[3] Interviewé en 1984, dans son bureau à Paris par Bernard Pivot, Claude Levi-Strauss explique ce qu’il entend par ethnologie. C’est pour lui « élargir la connaissance de l’homme en l’étendant aux sociétés les plus lointaines. Il s’agit de comprendre l’homme par la totalité de ses expériences et de ses réalisations. Il ajoute que « notre sagesse est une sagesse parmi des milliers ».

[4] Dans l’anthropologie structurale (1958, p. 386-389), Lévi-Strauss, définissant la discipline, distingue trois niveaux d’élaboration correspondant à la triade terminologique suivante : Ethnographie : observation et description ; Ethnologie : premières synthèses ; Anthropologie : synthèses et généralisations théoriques.
Au niveau de l’observation, dit-il, la règle principale est que tous les faits doivent être exactement observés et décrits, sans permettre aux préjugés théoriques d’altérer leur nature et leur importance (1958, p. 307).

[5] À la question. « à quoi sert l’ethnologie ? », Gaston Roupnel dans l’ouvrage collectif de Pierre Beaucage, Jacques Gomila et Lionel Vallée (1976, p. 17) répond : « L’ethnologie est une science dont la seule justification doit être sa contribution au savoir universel (tendance positiviste, variante humaniste). Comme toute connaissance scientifique, elle aura des applications (bonnes et/ou mauvaises) mais il appartient à « l’homme d’action » de mettre nos découvertes en pratique (tendance positiviste, variante utilitariste).

[6] Philippe Masson (2008) qualifie de « seconde expansion » de la sociologie la période 1990-2000 pour marquer cette émergence de la primauté du travail de terrain et en particulier de la démarche ethnographique, grâce à une nouvelle importation de la sociologie américaine, notamment de l’École de Chicago, dont Jean Peneff va être un des principaux artisans (2009), p. 132-134.

[7] C’est dans « L’empirisme irréductible » que l’on trouve la réflexion la plus complète et la plus approfondie sur la question de la relation observateur/observé dans la démarche ethnographique dans la sociologie francophone (Olivier Schwartz, « L’empirisme irréductible », postface de Anderson Nels, (1993), p. 265-308.

Citer cet article

(2026). Jean COPANS (2025). L’enquête ethnologique de terrain. Armand Colin, 128 p.. Insaniyat - Revue algérienne d'Anthropologie et de Sciences Sociales, 30(111), 169–177. https://insaniyat.crasc.dz/fr/article/jean-copans-2025-lenquete-ethnologique-de-terrain-armand-colin-128-p