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L’hispanisme dans le parler oranais : incidence lexicale ou legs culturel

N°23-24 | 2004  | Oran : Une ville d'Algérie | p. 233-247 | Texte intégral


Irregular Urbanism at Nouakchott : 1960-2000. Establishing the standard Legal / Illegal.

Abstract : It is true that studying a society through language does not present any originality, considering the number of research work carried out until now, but the aspect that we suggest in this work is first the study of Hispanicism at a double level.
a) As a “linguistic moment” by trying to solve, in the most exact way possible , the social and psychological atmosphere in which the passage of one word in a language passes to another.
b) As a cultural space shared by two different communities obliged to cohabit at a given moment in history.
c) Lastly we examined, the perception of elements borrowed from the lending culture, their assimilation and rejection, their innovating results or others on their new context. The sociological process of spreading and acceptance by representing this borrowed material to others.
Borrowing is not a sign of impoverishment or depersonalization as certain agree to consider it .It remains a determining cultural element as for the definition of a community. Its adoption (generally technical, or its reject often cultural) are not without effect on the society which receives: if they don’t change it totally they contribute at least to its readjustment to new data.
Current research carried out on the spot has shown that borrowing corresponds to a prior social need and the capacity of the element borrowed to satisfy this need, as it can be in certain cases the generator of this need .It is individuals who borrow, and the loan only has sense if the whole society adopts it. This, however depends on the cultural situation (peaceful or violent).It is neither the distance nor proximity nor the number of borrowed elements which determine the character but the type of social relations.
Memory remanents, one will tell us, don’t seem to apply to the case studied On the contrary we notice not a permanence since there is no question of disappearance, but reactivation in certain fields. The most striking example is that of the word “trabendo” (a significant hispanicism which has finished by imposing itself as far as the most official speeches). It would be interesting to study it in so much as a notion; that is to say the word in parallel to the activity, to see the relationship with the country borrowing it, to see who uses it .Is it the only Spanish term used or does the lexical field enclose other hispanicisms? When do we use it? How? In short to study the sociological grounds with linguistic concerns. The same procedure would be valuable for other sectors (marine for example, the case of Beni-Saf fishermen who use their ‘loan’ among themselves.)

Key words : Oran - hispanisme – language - linguistic - loan.


Meriem MOUSSAOUI : Hispanisante/Université d’Oran, 31 000, Oran, Algérie


 « Nous sommes des héritiers, cela ne veut pas dire que nous avons ou que nous recevons ceci ou cela, que tel héritage nous enrichit un jour de ceci ou cela, mais que l’être de ce que nous sommes est d’abord héritage que nous le voulions et le sachions ou non. »

Jacques Derrida, Spectre de Marx,

 

L’histoire a démontré plus d’une fois que le passage d’une civilisation, aussi rapide soit-il, marque de son impact le substratum socioculturel existant. L’Algérie a connu différentes civilisations. Certaines s’établirent d’une manière pacifique, d’autres en conquérantes. D’aucunes, leur domination fut longue mais sans grande influence sur les autochtones, les autres, bien que leur règne fût éphémère, laissèrent des traces démographiques, politiques et sociales indélébiles.

Le statut de ces traces/influence est diversement jugé.

- Rejet : l’influence est jugée comme étant une forme d’acculturation, d’homogénéité (dans le sens de régression, elle est stigmatisée comme facteur d’asservissement et d’enlisement).

- Acceptation : l’emprunt est une forme d’hétérogénéité, d’enrichissement, d’accroissement de potentialité, une force de libération et de progrès.

L’une comme l’autre position repose sur des considérations subjectives. A propos de ce thème, dans Anglicismos en Puerto Rico, Humberto Lopez Morales fait remarquer que « la influencia del inglés sobre el español insular viene preocupando considerablemente tanto a los lingüistas como a estudiosos de otras disciplinas y aun a un bien número de diletantes » [1] , ajoutant, plus loin, que « el hecho de que la interferencia lingüística está estrechamente ligada a posturas políticas ha abierto la puerta a un sinfin de consideraciones marginales a la ciencia que no sólo han encendido calurosas polémicas sino que han dado lugar a interpretaciones apresuradas y faltan de base » [2] .

De tout temps, la langue a été un prétexte pour asseoir une idéologie déterminée. Quant à la question de l’influence-facteur d’homogénéité ou d’hétérogénéité, bien qu’il nous semble prématuré d’y répondre dans l’introduction de notre intervention, nous disons qu’il y a certes homogénéité, ou plutôt désir d’homogénéisation, puisqu’il y a domination dans un premier temps. Dans un deuxième temps, le type de rapport entretenu, la nature du contact, détermineront la réaction (retour au particularisme, retour à la religion, à la langue, à la civilisation d’origine ou à l’ouverture, à la culture imposée).

Donc, les conséquences de l’influence ne sont pas toujours rationnelles et logiques (dans le sens auquel on s’est habitué, à savoir linéaires et automatiques). L’influence uniformise, dégrade, comme elle enrichit, actualise, réinterprète, comme elle donne des cas heureux de syncrétisme. Tout dépend du contexte dans lequel on la situe et dans lequel on se situe.

Dans le cadre de cette thématique, nous avons questionné la langue : émergence la plus spectaculaire de la culture et, plus exactement, un de ces espaces opérationnels dans l’étude des communautés en contact : l’interférence.

Situation sociolinguistique et genèse du conflit

La situation linguistique de l’Algérie avant l’indépendance ne répond pas au schéma théorique habituel, à savoir deux langues : celle qui conçoit, ordonne et distribue, et celle qui exécute et obéit, et qui, à la longue, trouve plus d’intérêt à acquérir quelques usages de la langue des dirigeants, en l’occurrence le français, l’aliénation linguistique allant de pair avec l’aliénation économique. La situation est assez particulière – plus enchevêtrée, dirait-on –, en ce sens où, au lieu de deux langues, nous en avons trois : le français, l’espagnol et l’arabe. Les raisons, nous les résumerons de la manière suivante : une autorité française, un peuplement espagnol et un peuple colonisé (algérien).

La présence des Espagnols en Algérie mérite qu’on s’y attarde, car elle déclencha un véritable processus sociologique et linguistique [3] . Par processus sociologique, nous faisons allusion à la mobilité sociale des émigrants.

Première étape : la emigraciَón golondrina (le migrant part en général après les labours et revient pour la moisson).

Deuxième étape : el franceso. Cette période où le deuxième âge s’illustre par la désarticulation du groupe, l’émigrant n’est plus délégué pour assurer la survie du groupe, mais émigre pour « ganarse la vida » ; son rêve est de revenir avec le statut de franceso, c’est-à-dire celui qui s’est enrichi sur le sol français.

Troisième étape , c’est celle de l’émigration définitive. L’émigrant est entrain de devenir immigré, partage certaines valeurs de la société qui l’a recruté, tout en restant marqué par le monde dont il est issu : Zavala en est un exemple éloquent [4] .

Si la première génération était marquée par l’exil et la rupture, la deuxième génération se particularisa par un grand dynamisme, qui inquiéta l’administration et on parla dès lors de « péril étranger ».

La troisième génération, celle des pieds-noirs, se caractérisa par une reconversion totale des valeurs. Les revendications qui étaient basées sur des principes ethniques et/ou raciaux devinrent sociaux.

Sur le plan linguistique, ce processus se concrétisa par l’apparition du pataouète/tchouparlao : « La population a forgé un dialecte régional : le pataouète de patues, patois en catalan, fait de particularismes provençaux, italiens, arabes castillans, etc.»

Le pataouète oranais est profondément affecté par les interférences de l’espagnol. « Ces interférences furent si nombreuses au cours du xixe siècle, comme l’attestent les écrits algérianistes de l’époque, que nous pouvons nous demander si avec le temps et sans l’indépendance de 1962 nous n’aurions pas pu assister à l’éclosion d’une langue indépendante » [5] . Moreno Amédée, dans le Parler des pieds noirs d’Oran et d’Oranie, affirme que « de nombreux termes, expressions ou locutions employés chez les pieds-noirs sont d’origine méditerranéenne. En Oranie et dans l’Ouest algérien, c’est naturellement l’espagnol qui prédomine, parce que parlé depuis un millénaire ». Plus loin, il ajoute : « Le parler est une singularité de peuplade remontant à la nuit des temps, une sorte de passeport de clan portant le sceau du langage idiomatique, un parler franspagnol, si l’on me permet cette expression. La syntaxe étant française, les vocables et les locutions restent en majorité d’origine ibérique » [6] .

En effet, l’absence de toute barrière géophysique et vu les nombreux intérêts économiques partagés, un phénomène de symbiose s’est produit entre ces deux communautés. L’unité économique nécessitant la communication fréquente et donc un bilinguisme pratiqué quotidiennement, les sentiments de supériorité ou d’infériorité ne semblent pas y jouer un rôle important. Les facteurs de solidarité finirent par l’emporter sur les barrières religieuses, ethniques et sociales, créant ainsi une attitude de coopération et d’accommodation. Bref, la convergence économique favorisa une convergence linguistique.

L’hispanisme à Oran

L’hispanisme dans l’Oranais : incidence lexicale ou legs culturel ? Tel est le questionnement qui sous-tend une recherche en cours. Ce questionnement est le résultat d’un constat : l’existence, la permanence voire la résurgence de l’hispanisme dans le parler oranais.

Il est concevable, bien entendu, qu’au besoin on puisse proposer une explication sociale pour tous ces hispanismes, sans exception, parce qu’il y entre toujours la question d’intermédiaires humains, et parce que les fonctions du langage étant d’ordre social mais dans bien des cas ce serait forcer les choses. En effet, si certains jouent un rôle spécial, répondent à une nécessité ou comblent des lacunes dans le système symbolique de la langue réceptrice, on se demande alors comment les notions qu’ils comportent se symbolisaient antérieurement. (cas des mots désignant des couleurs, les poissons, les mots affectifs, etc.) [7] . Et partant de ce constat, ces « importations lexicales » restent-elles de simples incidences lexicales (superficielles et passagères), ou présentent-elles un certain caractère intrinsèque voire structurel dans la langue réceptrice ?

Le corpus obtenu lors d’une enquête sociolinguistique portant sur l’influence hispanique dans l’Oranais, intitulée « Incidencia léxica del español en el habla oranesa » [8] , nous a permis de procéder à plusieurs classifications :

1) Un glossaire de plus de 400 mots et expressions, dont 275 sont utilisés de manière exclusive ;

2) Une classification grammaticale :

Diminutifs (adoption des suffixes ito-ico donnant lieu à des formes hybrides : dialectalisme + suffixe espagnol, des augmentatifs ón).

• Articles

• Dialectalismes hispanisés

3) Une classification par champ sémantique (nous avons pu établir dix champs sémantiques) ;

4) Calques et expressions hybrides.

Comme il nous a permis de dégager plusieurs types d’emprunts :

• L’emprunt : objet et dénomination : stanko (de estanco), qui signifie kiosque.

• L’emprunt comme superposition à un vocable déjà existant, ce qui donne lieu à une surlexicalisation. Exemple : zerga o morena (« brune »)

• L’hispanisation de la chose sans l’adoption de l’hispanisme (emploi des diminutifs espagnols à des mots arabes ou français. Eexemple : Kheira > Kheirica, Mama > Mamica…

• L’organisation de la notion ou du concept :

Swirte (de suerte) : chance ; chamba (de chamba) : hasard ; mano (de el mano) : le destin

Maandiš swirti : « Je n’ai pas de chance »

Dirha chamba : « Je compte sur le hasard »

• L’organisation du nom :

El ama (« maîtresse de maison »). Lama, en oranais, n’a gardé qu’une désinence péjorative, « matrone ». Même cas pour cazuela (« ustensile de cuisine ») : l’usage oranais n’en a consacré que sa dernière acception, à savoir « pédéraste ».

L’adoption par les Oranais des pratiques sociales et culturelles espagnoles engendra une série de calques phraséologiques (voir formules, sentences et proverbes, etc..).

Exemple : más gente que agua, pour dire « il y la foule ».

Negro como un cazَón , « noir comme un chien de mer ».

Ces différentes classifications, comme ces différents types d’emprunts, nous montrent que ce ne sont pas des acquisitions accidentelles ou éphémères ; au contraire, ils révèlent un contact linguistique intense et de longue durée. Leur présence dans l’Oranais, loin de mettre en gestation un conflit linguistique ou de le circonscrire, nous semble être l’expression et la manifestation d’un syncrétisme linguistique et culturel. Loin d’être exhaustive, l’étude a démontré que l’influence ne se limitait pas à un échange de mots que la traduction pouvait résoudre, mais relevait quelquefois du domaine de l’ éthos.

L’interférence : essai de définition

L’emprunt ou l’interférence font encore l’objet de toute une polémique. J. Garmadi en rend compte dans un article intitulé « L’interférence grammaticale », dans Revue sociale des sciences sociales. Dans notre étude, nous avons retenu celle formulée par Weinreich : « Le réajustement de structure qui résulte de l’introduction d’éléments à l’intérieur des domaines les plus hautement structurés d’une langue. » [9]

Dans quelles conditions se produisent donc la pénétration d’unités dans un système ? Il semble admis que, pour qu’il ait interférence, il faut qu’il ait contact entre deux ou plusieurs systèmes (bilinguisme ou plurilinguisme). Cela suppose l’existence d’au moins deux communautés différentes se partageant le même espace. Ce contact s’explique par diverses raisons : la contrainte ou le libre choix. Toujours est-il que ce contact sous-entend des conditions extralinguistiques dont l’étude exige la participation pluridisciplinaire, l’individu étant en dernier recours le lieu de contact des langues. [10]

Les fonctions de l’emprunt

La plupart du temps, ces signes sont considérés comme une forme de transgression quant à la pureté de la langue et de son unité. Ricardou, en parlant des emprunts sur le plan scriptural, les définit comme étant « un ensemble d’usages relevant de différents niveaux, et qui présentent tous la caractéristique d’être en rupture avec les formes conventionnelles du discours littéraire classique ».

Il établit la classification suivante :

- Le lingual : s’agissant des inserts de langues étrangères à la langue d’expression.

- Le syntaxique : pour ce qui est des structures du langage parlé, la pratique de longues phrase et le développement inhabituel du système parenthétique.

- Le lexical : relatif à l’introduction dans le texte littéraire du vocabulaire argotique.

- Le graphique : consistant dans les inserts des graphies étrangères à la langue du texte [11] .

De ces différents plans, on retiendra le lingual que l’auteur qualifie d’intrusion « historico-géographique. ».

Une telle présence, du moins concernant l’espace étudié, doit être considérée dans le prolongement d’une situation linguistique particulière, due à une conjoncture politico-historique spécifique à l’Algérie, et qui aujourd’hui participe de la notion d’identité culturelle plurielle, que les idéologues veulent confiner aux seules expériences relevant du patrimoine arabo-musulman.

Pour nous, l’identité culturelle se définit précisément par référence à la culture et non au patrimoine culturel exclusivement. Le distinguo est de taille et la différence mérite l’attention. Le patrimoine désigne l’ensemble des biens de civilisation produits par la culture ; il atteste les effets passés de la dite culture (biens hérités, qui ont existé, qui ne changent pas, sont désuets, obsolètes ou en voie de disparition). Tandis que la culture est cette dynamique présente, cette activité ce faisant.

La traduction : transcodage ou retransmission ?

L’existence de l’emprunt, sa retransmission, sa traduction ne vont pas sans poser de problème. J.-M. Zemb, dans son article « Le même et l’autre » [12] expliquait que l’universalité du sens et la relativité des systèmes rendaient la traduction possible et nécessaire, mais le problème pour lui n’est pas la complexité de l’opération, mais l’infini complexité du produit, c’est-à-dire le texte traduit, et la question était dans quelle mesure le texte traduit (l’autre cible) ne détruit pas le texte original (le même _____source).

L’équivalence sémantique, toujours selon l’auteur, est la mesure de la traduction. En effet, selon lui, deux mots peuvent être considérés comme équivalents lorsqu’ils présentent le même éventail de significations, les mêmes dispositions à l’assemblage, à la collocation ou encore les mêmes valences. Or nous savons tous que, dans une même et seule langue, il est difficile de trouver des mots équivalents. Qu’en est-il alors quand il s’agit de deux systèmes différents ?

Toujours sur le même thème, à savoir l’emprunt scriptural, A. Memmes, dans Intercuturalité et signifiance, faisait remarquer que, à chaque fois qu’il avait irruption dans le texte, l’auteur se sentait comme obligé de donner de longues explications, dont le but est de familiariser le lecteur avec une réalité nouvelle, sans pour autant arriver à retransmettre le sens exact du mot.

D’autres avaient et ont recours à la création/invention : tel est le cas de talismano. A ce propos, Meddheb dit : « Les phonèmes detalismano se rencontrent dans nombre de langues méditerranéennes. Talismano, comme talisman dérive étymologiquement du mot arabe tilsaman, pluriel de tilsam, lequel est issu d’une origine grecque, telesma, qui veut dire “religieux”. Si je n’ai pas choisi l’antécédente arabe de ce mot, c’est pour ne pas répéter l’arabité déjà assurée par le nom propre. Tandis que le mot grec me paraissait mièvre. Je lui ai préféré la musicalité italienne. Et puis le mot italien comporte l’intégralité du mot français. »

Claude Esteban, dans Traduire [13] , à propos d’une traduction d’un poème d’espagnol en français, et notamment du mot trigo, affirme que « le poète emploie le mot trigo ; je sais comme tout hispaniste, même débutant, qu’il me faut le traduire par “blé”. Trigo n’a pas d’autre acception en espagnol qui me permette en quelque façon d’hésiter sur le terme français, le plus adéquat à rendre cette réalité bien précise. Il serait toutefois un peu trop simple, par référence aux catégories de Saussure, de penser qu’en choisissant trigo, le poète a voulu exprimer ce qui n’est ni avoine, ni seigle, ni luzerne, etc. Le poète ne recense pas un acquis : il fomente un monde à travers la langue, et le mot trigo sur les lèvres suscite à la fois la chose et la qualité de la chose, inséparables l’une de l’autre de la sonorité singulière du mot. L’équivalence des termes trigo/blé est purement commerciale, utilitaire, au premier degré de la consommation. Et peut-être que, porté par la fréquence vibratoire du mot trigo et les harmoniques qu’il provoque en moi, sans parler des associations mentales et des interactions dans le réseau sémantique autour de la notion elle-même, peut-être que prenant le risque de commettre un faux sens aux yeux des grammairiens, je traduirai trigo par épi ».

On observe que l’auteur parle de sa langue et que, pour tenter de transposer en français, en appelle à ce qu’évoque ce terme pour lui. A l’acception du dictionnaire bilingue – qui arrête les rapports sociolinguistiques à un moment donné, à un lieu donné et à un milieu donné – ou à celle plus commerciale, sa propre acceptation, faite d’associations, d’évocations, de souvenirs, d’harmonie et de couleurs. De l’origine à la traduction, du sens à l’usage, le mot (trigo) varie. En d’autres termes, on aperçoit, à travers des sens différenciés sociologiquement, des conceptualisations divergentes de l’univers et autant de possibilités de traduction et de transposition.

La difficulté de l’entreprise de la traduction apparaît encore plus insurmontable au niveau de la langue parlée. En effet, toute langue parlée est un conglomérat de constantes et de variantes et, à l’intérieur de la langue, de cet assemblage de langues partielles, nous sommes tous plurilingues (nous maîtrisons tous les langages : familier, argotique, correct, châtié, le vernaculaire, la norme) et nous passons d’un style à un autre, sans faire aucun effort et quelquefois au beau milieu d’un même énoncé (cas d’alternance des codes). De tout cela, il résulte un polysystème d’une complexité et d’une flexibilité extraordinaires. Chaque variante est porteuse d’un indice socioculturel, d’un éventail de connotations, d’une histoire. La traduction, dans ce cas, ne peut se limiter à un simple transcodage d’un monosystème dans un autre ; elle se doit de retransmettre le sens exact – l’équivalence entre deux polysystèmes complexes, entreprise, répétons-le, difficile à atteindre.

Le terme pavo, prononcé pabu en oranais, a comme équivalent dindon, prononcé dendu. Les deux termes réfèrent à l’oiseau gallinacé, originaire d’Amérique du Nord, introduit et domestiqué en Europe depuis le xvie siècle.

L’usage a retenu le gallicisme pour désigner le volatile, et l’hispanisme pour sa connotation. En effet, pavo s’emploie pour désigner toute personne orgueilleuse et fière : entfeh kil pabu = « il se gonfle comme dindon », pour faire dire l’attitude hautaine et prétentieuse. Traduire donc pavo par « dindon » risque de créer un contresens, voire un malentendu.

D’un mot à un autre, il y a toujours une nuance intransmissible, une non-coïncidence. C’est le cas par exemple du mot morena, qui renferme, selon les dires des informateurs, une charge de tendresse, d’intimité inexistantes dans le dialectalisme zerga. D’ailleurs ne dit-on paszerga u morena (phénomène de surlexicalization). Dans le même ordre, chamba déborde largement son équivalent mektoub, qadar ou ezhar.

En parlant de mektoub et qadar se dessine devant nous un horizon mystico-religieux où l’homme est un être impuissant, sujet à une puissance occulte et ne peut changer ce qui est déjà écrit. Tandis que chamba signifie « laisser au gré des circonstances tout à fait séculières ».

Loin de cette connotation religieuse, nous avons l’autre vocable ezhar, qui, lui, est identifié à une personne, un accompagnateur invisible qui peut être bienfaiteur quelquefois, d’où l’expression faste zahri a tani (« ma chance m’a donné »), ou néfaste zahri rdarni (« ma chance m’a trahi »). Ezhar est affecté de toutes les vicissitudes, comme il est sujet à toutes les familiarités. Il dort en cas d’échec, il est debout en cas de réussite répétée : un anthropomorphisme puisant dans les couches sédimentées des croyances populaires les plus lointaines.

Une remarque s’impose d’elle-même : les équivalents du terme chamba remplissent mal cette fonction, car chacun d’eux renvoie à un référent bien déterminé. En outre, mektoub et ezhar renvoient à deux registres différents. Le premier fait partie du langage châtié, répertorié dans les dictionnaires, tandis que l’autre appartient au langage populaire. La difficulté est d’autant plus insurmontable s’agissant de mots et d’expressions familières empruntées, entourés de cet halo de sensations, de couleurs et d’émotion, incommunicable dans une autre langue.

On pourrait croire qu’il existe une limite à la variation historique de l’acception pour des concepts référant à des objets dits « naturels ». Or, il s’avère qu’on est là aussi confronté à la relativité. Rien de plus démonstratif que ce que d’aucuns appellent le vocabulaire des couleurs. Rojo et azul en oranais : même si le dictionnaire tend à faire de ces termes des correspondants exacts, ils ne revêtent pas la même réalité sociolinguistique.

Rojo , rouge en espagnol, est utilisé pour désigner toute personne blonde ou très claire de peau. Ezaar est l’arabisme équivalent, mais force est de constater que l’hispanisme est employé d’une manière exclusive. La question qui s’impose est : avant cet emprunt, qu’elle était la notion utilisée ? Question que nous pouvons étendre à tous les mots désignant les couleurs : quel était le mot utilisé puisqu’il s’agit d’une même réalité ? [14]

Linguistiquement, la réalité est désignée parce qu’elle est d’abord signifiée.

L’emprunt, survivance ou étrangeté : un problème de dénomination

Le choix d’un terme pour désigner une réalité, un phénomène, est porteur quelquefois d’un lourd poids de parti pris et de préjugés. En effet, certains concepts, certaines dénominations ont une fonction idéologique bien plus qu’une visée descriptive, sinon comment expliquer les désignations suivantes : étrangers, extranjerismo, survivances éléments intrus,etc. L’usage de ces termes, pour faire allusion à l’emprunt, est-il innocent ?

Etrangeté, rendu en arabe par toute une panoplie de termes : ghariba (« étrange »), dakhila (« intruse »), mustaaraba (« arabisée »), aamiat = (« étrange »).

L’un comme l’autre ne laissent aucun doute : l’emprunt malgré tous les traitements qu’il subit (altération phonétique, découpages, montages), et malgré sa pertinence (le kairos) pour parodier Mouloud Mammeri, reste cet élément venu d’ailleurs.

Quant à la notion de survivance, on constate d’emblée un phénomène qui n’a, en fait, que les apparences du paradoxe. Dans son usage en général, « survivance » renvoie à l’idée de mort, de sursis, du provisoire.

Dans son acceptation première, « survivance » signifie ce qui subsiste d’un ancien état d’une chose disparue, survivance d’une coutume/opinion, coutume qui continue d’exister après le disparition de ce qui l’avait suscitée (souvent péjoratif), survivre c’est re-échapper à une catastrophe (noter le préfixe de répétition).

Sa définition dans le Larousse, comme celle admise en anthropologie culturelle [15] , met l’accent sur ce caractère archaïque, moribond. Survivre n’est pas vivre, c’est se maintenir artificiellement après l’abolition de la vie de relation. Plus virulents, certains parleront de résidus de mémoire.

« Survivance », « étrangeté », « résidus de mémoire », pour ne se limiter qu’à ces trois dénominations, en dehors de toutes les connotations négatives qu’elles renferment, confèrent à l’emprunt un statut particulier. En effet, considéré comme élément étranger, « survivance » ou « résidu de mémoire », c’est lui renier son efficacité dans le système langagier et le « ghettoiser ».

L’hispanisme : permanence ou résurgence ?

Survivance et étrangeté suppose la fixation du sens voire son inertie. Or, l'enquête que nous avons entrepris, et celle que nous menons aujourd’hui, révèlent que, comme tout phénomène langagier, une fois adopté, l’emprunt n’échappe pas à la dynamique du changement. En effet, dans l’Oranais, nous avons constaté, non pas une permanence puisqu’il n’a jamais été question de disparition, mais une réactivation voire une résurgence de certains lexèmes (dans le sens de notion et praxis). Bien que, à première vue, l’emploi de termes empruntés au domaine de la physique semblent incongrus, le sort (apparition-trajectoire) de certains hispanismes nous pousse à en faire usage car non seulement ils expliquent, au stade où nous en sommes, la notion (lexème) mais aussi, en parallèle, certains phénomènes sociaux avec l’activité ou la pratique. Pour être plus explicite, nous avons choisi d’étudier ou plutôt de suivre la trajectoire d’un hispanisme fort répandu actuellement en Algérie : trabendo.

Trabendo : entre notion et praxis

Trabendo , de contrabendo (la suppression de la première syllabe peut s’expliquer par économie linguistique. Pour des raisons purement linguistiques, le préfixe contra étant déjà adopté dans le sens de opposition. lkontra, nominalisé traduit l’idée de concurrence malsaine), désigne toutes les activités informelles, le marché noir, ou parallèles, produits achetés des grandes surfaces appartenant à l’Etat, les produits d’importation illicite, la revente à domicile ou dans la rue à la sauvette. Cette activité, illicite au départ, est génératrice d’une situation assez particulière.

Le trabendo à Oran est une activité tolérée, voire approuvée, et par les instances du pays car il règle en partie les problèmes du chômage, et par la population qui y voit un signe de réussite économique et sociale.

Le trabendo est un métier à haut risque (« Nous achetons des devises pour acheter la marchandise ; une fois aux frontières, nous risquons de perdre le tout ») ; il requiert beaucoup d’audace et d’abnégation (ki nutiriyya ya gani ya perdi : « comme la loterie : ou on gagne ou on perd », « il n’y a pas de demi-mesure »).

Véritable illustration de « l’économie du hasard », le trabendo n’est pas régi par les règles du marché ni par les lois du marketing ; tout se fait au gré du temps et des circonstances. Les étalages peuvent être achalandés, comme ils peuvent rester vides pendant des semaines voire des mois. Dans ces cas, le trabendiste doit ou renoncer à l’article et marchandise convoités, ou changer carrément d’activité. Bien que fort répandu, le trabendo reste toutefois tributaire des conjonctures politiques et économiques.

Le trabendo : ses répercussions

Sur la structure de l’espace

Le trabendo a contribué à la redynamisation des villes frontalières comme Maghnia et Tlemcen. Il a reformulé la structure de l’espace : certains quartiers de la ville sont devenus de véritables foyers de commerce, comme Medina-Jdida ; d’autres, comme Chtaibo, des lieux dits, sont sortis de l’anonymat. Le trabendo à Oran s’est spécialisé, chaque ruelle est consacrée à un certain type d’articles : ainsi, à Medina-Jedida, ce sont les articles de femmes importés de Syrie, de France et de Turquie ; dans le centre-ville : les parfums, les bijoux fantaisistes, les produits cosmétiques ; à Chtaibo : les pièces détachées.

Sur la structure sociale

Le trabendo a introduit de nouveaux us dans la société :

- l’instauration des comptes devises, l’échange parallèle à des pourcentages très élevés ; une comptabilité informelle, sujette à des changements, inexplicables pour le novice mais qui a ses règles et sa logique ;

-la hiérarchie : les revendeurs, les acheteurs, les passeurs, les intermédiaires et le patron.

Les revendeurs sont des enfants exclus du système scolaire, des femmes issues de milieux modestes. Les acheteurs (hommes et femmes) sont ceux qui se déplacent et établissent des contacts à l’étranger. Le passeur, c’est celui qui a pour mission de faire passer la marchandise. C’est généralement des gens qui n’appartiennent pas à ce milieu, mais pour des raisons matérielles acceptent de temps en temps s’adonner à cette activité.

Le trabendiste beznasi (terme usité pour désigner le revendeur quand il ne dispose pas d’une boutique) expose sa marchandise dans la rue sur un sac de jute, ou en plastique avec aux extrémités des ficelles. En cas d’alerte, le trabendiste, en tirant sur les ficelles, peut le transformer en baluchon et sauver ainsi sa marchandise de la fourrière ou la saisie.

Le trabendo a créé de nouvelles habitudes au sein de la population ; il a introduit de nouveaux produits, devenus indispensables, comme il a favorisé l’élévation du niveau de vie. Ces effets sur l’espace, comme nous l’avons signalé, se traduisent par une reformulation, voire une redynamisation des villes et des quartiers. A ces deux apports considérables s’ajoute un troisième de taille, qui concerne l’individu. Le trabendo, bien qu’étant une activité illicite, est considéré comme un signe d’émancipation pour les femmes (elles voyagent, achètent et décident de la marchandise, opèrent des transactions très importantes, négocient des actions qui étaient jusque-là réservées à la gent masculine).

Trabendo peut être remplacé par l’arabisme tahrib, mais notre démarche dictée par le constat mentionné ci-dessus ne consiste pas à nier l’importance des critères d’évaluation dont la capacité de norme nous rend capables, mais à la mettre temporairement entre parenthèses pour analyser la pertinence et le fonctionnement social de la traduction et, ici, l’interférence/emprunt. Il n’en restera pas moins à mettre en évidence et à expliquer l’irruption du nouveau sociolinguistique. La problématique n’est pas celle d’une correspondance exacte ou fidèle mais des répercussions d’arrivée, d’un contact avec l’autre, l’étranger linguistique.

Socio-linguistiquement, on observe qu’il y a un nouveau lexème et que les équivalences sémantiques se sont modifiées dans une interférence entre les deux communautés (espagnole et autochtone) à un moment donné de leur histoire interlocutive et sociale. Le fait qu’on approuve ou désapprouve ces emprunts ne change en rien le phénomène de l’interférence. En d’autres termes, le jugement de valeur que l’on peut porter sur tel ou tel télescopage sociolinguistique ou historique n’affecte pas l’explication de l’interférence.

La problématique utilisée ne peut être en aucun cas glossologique : il s’agit d’étudier les lexèmes pour eux-mêmes mais en tant que marqueurs historiques, sociaux voire identitaires.

En parlant d’interférence, il n’est pas question d’analyser linguistiquement ce qui fait le lexique, mais d’en observer la modification historique en langue et en praxis. C’est à des interlocuteurs impliqués dans une situation d’échange et d’interaction que l’on à affaire et non à du langage dont on essaierait de mettre à l’épreuve les contours linguistiques (même si la langue renvoyant à deux modalités rationnelles que sont l’interlocuteur et le signe suppose, dans son étude, que l’on prenne en compte tour à tour ce qui institue spécifiquement l’échange et ce qui constitue spécifiquement ce qui est échangé).

Souvent, quand un nouveau lexème apparaît, on en fait un problème terminologique. On constate ainsi qu’il est employé alors que ce n’était pas le cas auparavant, Il nous semble que c’est là rester au niveau du symptôme dans une démarche sociolinguistique.

Si l’on reprend le cas étudié plus haut, on se doit de noter que lorsqu’il a fait son apparition, c’est la totalité du lexique historiquement attesté qui s’en est trouvée changée. Trabendo par exemple est employé comme terme générique, et renferme tout un champ notionnel ; il désigne l’activité, trabendiste, pour celui qui s’adonne à cette activité ; beznasi, autre terme usité pour désigner le revendeur (beznasa pour le pluriel). Quant à la marchandise, en plus du phénomène de la métonymie (désigner la chose par son lieu d’origine : tork « Turquie »,frança « France », talian « Italie », nous avons Taiwan pour signifier qu’il s’agit d’un article « dégriffé », de peu d’importance, marca ou grifa pour attester de l’authenticité ou du prestige de la chose. Bala, autre terme fort usité, désigne tous les ballots de vêtements, destinés au départ à l’aide sociale, détournés à des fins commerciales ; ta’el bala, « tout article provenant de la friperie » (en général) ; la bataille, pour signifier « en vrac ».

Le principe de lexique est resté identique à lui-même : il oppose des éléments abstraits et en maîtrise les frontières. Mais la structure de chaque élément de l’arabe a été modifiée. Les éléments déjà présents n’ont pas pour autant perdu leur définition structurale de valeur dans l’acceptation saussurienne, mais ajouter trabendo à son vocabulaire, c’est changer de vocabulaire, dans la mesure où les lexèmes voient leurs valeurs oppositionnelles multipliées, modifiées en langue. Nous irons plus loin en affirmant qu’il s’agit de réorganisation/restructuration due à l’introduction de nouvelles notions, de nouveaux symboles. On ne saurait donc sous-estimer la participation du nouveau lexème à la langue. L’emprunt n’est plus, historiquement, le même lorsqu’il passe d’une langue à une autre. Vu les modifications qu’il subit, il devient partie intégrante du système récepteur. Cependant, l’élément nouvellement introduit ne vaut pas pour lui-même, mais altère-modifie toute la configuration historique du lexique (il peut être la cause de disparition de certains termes inadéquats, vu la nouvelle situation, comme il peut être générateur de toute une panoplie de vocables comme nous l’avons vu pour trabendo).

Trabendo en tant que lexème (sa résurgence) ne vaut que parce que les rapports sociaux se sont modifiés. Le langage ne prend des contours historiques qu’incidemment au processus de socialisation. Plus précisément, par l’analyse en relations sociales de l’idiomatisation et par l’échange effectif.

Trabendo a été emprunté à l’espagnol, le nombre concerné par cette activité est très élevé. En d’autres termes, l’impact de trabendo dans l’usage des pratiquants se mesure au genre et au nombre de gens qui se reconnaissent dans ce métier. Cependant, les conditions sociales et économiques étaient réunies pour que trabendo soit ré-activé et ré-adopté. On ne saurait donc le réduire au seul problème terminologique.


NOTES

[1] L’influence de l’anglais sur l’espagnol insulaire vient préoccuper considérablement aussi bien les linguistes que les chercheurs des autres disciplines et même un bon nombre d’amateurs (Traduction CRASC).

[2] Le fait que l’interférence linguistique soit étroitement liée aux postures politiques a ouvert la porte à d’innombrables considérations marginales à la science qui non seulement ont embrasé de chaleureuses polémiques mais aussi ont donné lieu à des interprétations précipitées et sans fondement (Traduction CRASC).

[3] Sur la présence des Espagnols en Algérie, voir Vilar, J.B.: Los españoles en la Argelia francesa (1830-1914).- Madrid, Centro de Estudios Históricos, Murcia, Universidad, 1989.- pp 33-46.

[4] Tassadit, T. : « Présentation de l’œuvre de Zavala » en Archives Nationales, Actes du Séminaire International de l’Histoire Algérienne. Oran le 20-22 Avril 1981.

[5] Voir Florés, C. : "Oranie franco-espagnole" en Espagne et Algérie au XX Siècle, contacts culturels et création littéraire, pp 25-41.

[6] - Moreno, A. : Le parler des pieds –noirs d’ORAN et d’Oranie.- Memento- lexique avec des anecdotes, histoires et souvenirs de là-bas. Volume I, ed : Les vents Contraires, Aix en Provence, 1998.- p5.

[7] - Poh, J.: Considérations sur les mots de couleur et sur l’emprunt.- En Linguistique, 1993.- V. 29.

[8] - Moussaoui-Meftah, M: Incidencia léxica del español en el habla oranesa.- Thèse de magister, Université d’Oran, juin 1990.

[9] - Weinreich : Langages in contact, finding and problems.- La Haye, 1967.- p. 1.

[10] - Sur la distinction interférence/emprunt, voir la thèse de D. Morsly et particulièrement le chapitre intitulé : De la théorie à la présentation dynamique des faits.

[11] Ricardou : Intervention dans la discussion de l'exposé de Roubichou, G. en Les aspects de la phrase simonéenne. Colloque de Cerisy pp 112-213.

[12] Zemb, J.-M. : Le même et l’autre: les deux sources du langage.- En LANGAGES, Décembre 1972.- n°28, pages 85…102.

[13] - Esteban, Claude : Traduire.- pp. 84-85, Argile XXII, 1980.

[14] -Pohl : Op. cit.

[15] - Herskovits : Les bases de l'Anthropologie culturelle.- PbP, 161:"Ce sont les procédés, des coutumes, des opinions qui ont passé par la force de l'habitude dans un nouvel état de société différent de celui qui leur avait donnés naissance et qui restent ainsi comme des preuves, des échantillons, d'une condition ancienne de culture dont la nouvelle est sortie".

 

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